RDC : les marches interdites à l'appel du parti du président Félix Tshisekedi, dispersées dans plusieurs villes

Des marches interdites, lancées à l’appel du parti du président Félix Tshisekedi, ont été dispersées jeudi dans plusieurs grandes villes de la République démocratique du Congo, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Il y a eu trois morts parmi les manifestants à Kinshasa, a affirmé le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) Augustin Kabuya, information non confirmée dans l’immédiat par d’autres sources. En s’adressant aux manifestants, M. Kabuya a demandé la démission du ministre de l’Intérieur Gilbert Kankonde, pourtant issu des rangs de l’UDPS.

Les manifestants protestent contre le choix d’un nouveau président à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) qui organise les élections en RDC.

Gaz lacrymogènes à Kinshasa

A Kinshasa, des milliers de manifestants ont été dispersés après avoir pu marcher un peu plus de trois kilomètres, a constaté l’AFP.

D’importants effectifs de police protégeaient les alentours du siège du Parlement, où ils ont également tiré des gaz lacrymogènes contre les manifestants parvenus jusque-là.

Balles en l’air à Lumumbashi

A Lubumbashi (sud-est), deuxième ville du pays et capitale minière, plusieurs centaines de manifestants sont partis de diverses communes de la ville, convergeant vers le centre des affaires.

Des policiers et des militaires les ont dispersés en tirant des balles en l’air et des gaz lacrymogènes.

D’autres marches également dispersées, des blessés à signaler

Les marches ont aussi gagné la région du Kasaï (sud), fief du président Tshisekedi et de l’UDPS, comme à Kananga, où le rassemblement a été dispersé au siège de l’UDPS. Trois manifestants ont été blessés par balles, a constaté un correspondant de l’AFP.

A Mbuji-Mayi (sud) où le gouverneur n’avait pas interdit les marches, des centaines de manifestants, encadrés par la police, ont manifesté sur quelques kilomètres puis ont remis un mémorandum au président de l’Assemblée provinciale.

A Beni (est), "neuf militants de l’UDPS qui voulaient marcher sont aux arrêts", a déclaré à l’AFP Nason Murara, porte-parole de la police. A Kisangani (nord), des dizaines de manifestants ont été dispersés par des policiers.

D’autres marches pour protester contre la direction de la Commission électorale

Deux autres marches sont prévues les 13 et 19 juillet à l’appel d’autres partis ou organisations. Elles sont également interdites, a prévenu mercredi soir le ministre de l’Intérieur.

Les manifestants s’opposent à la désignation d’un membre de la direction sortante, Ronsard Malonda, à la présidence de la Commission électorale. Ils estiment que M. Malonda a participé aux fraudes électorales antérieures. Le président Tshisekedi doit encore valider cette nomination par ordonnance.

L’actuel président est lui-même accusé par une partie de ses ex-partenaires de l’opposition d’avoir bénéficié en 2018 de "résultats fabriqués" par la Céni.

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