RDC: le dernier bilan officiel des violences est de 103 morts

Lundi matin, des assaillants ont pris en otage des journalistes de la télévision publique (RTNC). Peu après, des tirs ont résonné à l'aéroport international de Ndjili et à l'état-major général à Kinshasa. A Lubumbashi (sud-est), des tirs ont aussi été entendus, ainsi qu'à Kindu (Est), où l'aéroport a été ciblé. Une partie des assaillants à Kinshasa se sont clairement réclamés du pasteur Joseph Mukungubila Mutombo, candidat à la présidentielle de 2006, remportée par l'actuel chef de l'Etat, Joseph Kabila.

Aucun élément de la police ou de l'armée parmi les insurgés, selon le gouvernement

"S'agissant des assaillants qui ont été tués à Kinshasa, 49 autopsies sur les 52 corps retrouvés ont d'ores et déjà été réalisées par les services de la médecine légale pour fixer les autorités compétentes sur les causes de leur décès", a déclaré Lambert Mende, porte-parole du gouvernement, au début d'une conférence de presse.

"Une chose est certaine: grâce à l'introduction de l'identification biométrique au sein de nos forces armées et de nos forces de police, nous sommes en mesure de dire aujourd'hui qu'aucun élément" de la police ou de l'armée "ne fait partie de cette bande de terroristes", a-t-il affirmé. Certaines sources avaient évoqué des complicités au sein de l'armée et de la police pour mener les attaques qui ont principalement ciblé Kinshasa et Lubumbashi, deuxième ville du pays et capitale de la province minière (coltan, cuivre...) du Katanga.

Un bilan de 103 morts

Délivrant un "bilan définitif", il a expliqué que "cette offensive terroriste est (...) globalement (...) de 103 morts, dont 95 terroristes assaillants et 8 éléments" de l'armée, et que plus de 150 assaillants avaient été capturés.

Le pasteur Mukungubila Mutombo en fuite? Il conteste et appelle le président Kabila à quitter le pouvoir

A Lubumbashi, la résidence du pasteur Joseph Mukungubila Mutombo, qui se surnomme "prophète de l'Eternel", a été détruite dans les attaques.

Interrogé sur le lieu où se trouvait le pasteur, M. Mende a ironisé qu'il "s'est évaporé - courageusement". "C'est que lui même ne croit pas en la justesse de la cause qu'il est en train de revendiquer par des appels téléphoniques à partir d'un certain pays voisin ou pas très éloigné de notre pays. Ce monsieur est un fugitif, il est en fuite".

"Je ne crois pas que ce soit exact", a réfuté le pasteur, refusant toutefois de dévoiler l'endroit où il se trouve. A propos du président Kabila, il a également déclaré à l'AFP espérer "qu'il puisse quitter le pouvoir, qu'il puisse laisser (le pouvoir)! (...) C'est intolérable qu'un étranger soit à la tête du pays", faisant référence à des allégations récurrentes mais jamais avérées selon lesquelles M. Kabila serait Rwandais.

Les rebelles clament que leurs hommes n'étaient pas armés

Selon le pasteur Mukungubila, interrogé par nos confrères de RFI, ses disciples n'étaient pas armés. Ils voulaient simplement protester contre des attaques qui avaient visé les résidences d'un dignitaire issu de ce groupe. "Mes disciples étaient fâchés. Ils se sont révoltés partout".

Mais il insiste : "Ils sont allés les mains vides. Nous n'avons pas besoin de ça, pas besoin d'armes. C'étaient des civils. J'ai perdu beaucoup de frères. Et je ne parviens pas vraiment à comprendre".

A Lubumbashi, un défenseur des droits de l'Homme a expliqué que des tirs à l'arme lourde avaient visé la résidence et de l'église du pasteur Mukungubila Mutombo. Il a ajouté que d'autres tirs ont été signalés sur une autre de ses églises, à Kolwezi, au sud de Lubumbashi.

"J'ai vu une quarantaine de corps dans des camions de la GR (garde républicaine, chargée de la protection du président Joseph Kabila) qui se dirigeaient vers des morgues. Tous étaient habillés en civil, c'est difficile de dire si tous étaient des adeptes ou s'il y avait aussi des civils qui n'avaient rien à voir" avec les fusillades, a déclaré à l'AFP ce témoin sous couvert d'anonymat.

Il a ajouté que plusieurs gardes républicains avaient été tués dans les échanges de tirs qui se sont déroulés aux abords de la résidence du pasteur Joseph Mukungubila Mutombo, candidat à la présidentielle de 2006 remportée par l'actuel chef de l'Etat, Joseph Kabila. Selon ce témoin, les adeptes ont "résisté" et cinq gardes républicains auraient été tués.

Situation sous contrôle

"Nous avons totalement la situation en main. Maintenant la question est de savoir qui sont ces assaillants. C'est une question à laquelle je ne veux pas répondre maintenant pendant que nous sommes en pleine investigation", a déclaré M. Luba Ntambo à des journalistes lors d'une visite sur les sites ciblés par des attaques lundi à Kinshasa.

"L'armée et la police ont répondu comme il faut. Ces individus ont été neutralisés et nous demandons à la population de vaquer à leurs occupations tranquillement. (...) D'ailleurs, il y a beaucoup d'habitants de Kinshasa qui ne s'étaient même pas rendu compte qu'il y a quelque chose qui se passait", a affirmé le ministre.

Ju. Vl. avec agences

Newsletter RTBF Info - Afrique

Chaque semaine, recevez l’essentiel de l'actualité sur le thème de l'Afrique. Toutes les infos du continent africain bientôt dans votre boîte de réception.

OK