RDC: la répression de la Marche des chrétiens préoccupe la Monusco

Illustration - RDC: la répression de la Marche des chrétiens préoccupe la Monusco
Illustration - RDC: la répression de la Marche des chrétiens préoccupe la Monusco - © Archive AFP

La Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) a appelé les autorités congolaises à respecter les libertés fondamentales, après la répression jeudi d'une d'une marche de protestation de chrétiens à Kinshasa, la capitale congolaise.

Dans un communiqué parvenu samedi à l'agence Belga, la Monusco s'est déclarée "préoccupée par les restrictions aux libertés fondamentales" et a "exhorté" les autorités congolaises à "respecter la liberté de réunion et d'expression, ainsi que le droit à l'intégrité physique et à la liberté et sécurité de la personne, conformément à la Constitution et aux engagements internationaux de la République démocratique du Congo".

La Monusco note également avec inquiétude la fermeture de plusieurs chaînes de radio et télévision par les autorités - la Radio Télévision Catholique Elikya (RTCE), de Canal Congo Télévision (CCTV) et Canal Kin Télévision (CKTV), respectivement chaînes confessionnelle et proches de l'opposition émettant à Kinshasa, qui ont toutefois repris leurs émissions vendredi soir.

La police a dispersé jeudi à Kinshasa, parfois à coups de gaz lacrymogènes, une marche des chrétiens qui entendaient notamment protester contre les résultats des élections du 28 novembre dernier.

Une manifestation pour exprimer le "rejet des résultats des élections"

La manifestation "non violente" devait aussi marquer le 20e anniversaire de la "marche des chrétiens" organisée le 16 février 1992 pour réclamer plus de démocratie au régime du maréchal Mobutu Sese Seko. La marche avait été réprimée et des personnes tuées par les forces de sécurité.

Les organisateurs avaient appelé à honorer la mémoire des morts du 16 février 1992 et exhorté les Congolais à exprimer leur "rejet des résultats des élections" présidentielle et législatives du 28 novembre.

Le chef de l'Etat sortant Joseph Kabila a été officiellement réélu, et son camp a remporté les législatives selon les résultats provisoires de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Mais l'opposant Etienne Tshisekedi, arrivé deuxième à la présidentielle, a rejeté ces résultats et s'est unilatéralement proclamé "président élu", dénonçant des irrégularités également relevées par des missions d'observation nationales et internationales.

Appel de la Monusco à "respecter le processus démocratique"

Par ailleurs, la Monusco ajoute dans son communiqué noter avec satisfaction la tenue, jeudi également, de la première session plénière de l'Assemblée nationale issue des élections du 28 novembre dernier. A cet égard, la mission onusienne appelle tous les partis politiques à "respecter le processus démocratique" et à "participer pleinement au bon fonctionnement des institutions de gouvernance".

Cet appel s'adresse notamment au parti de M. Tshisekedi, l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS), dont les députés - une quarantaine - ont, après des hésitations, décidé de valider leur mandat et de suivre une stratégie d'opposition républicaine, selon une source à l'UDPS.

La Belgique avait déploré vendredi, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, "l'emploi excessif de la force" par certaines bandes armées ainsi que par les forces de l'ordre dans des paroisses de Kinshasa, à l'occasion de la "Marche des Chrétiens" de jeudi.


Belga
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