RDC: l'armée prête à "contre-attaquer", une force de l'UA envisagée

 

Si les rebelles "ne respectent pas" le délai fixé à mardi par le sommet de Kampala pour leur retrait de Goma, "nous, on va faire notre travail et restaurer l'autorité de l'Etat", a-t-il déclaré à l'AFP. "Toute la population congolaise est contre l'agression et ça, ça nous suffit, ça nous donne le moral de contre-attaquer", a-t-il ajouté.

Sake toujours aux mains des rebelles

"Vous êtes à Minova !", a déclaré le général à l'arrivée de quelques journalistes, en accusant une télévision étrangère d'avoir annoncé que Minova était "tombée". "Je vous demande de les contredire", a-t-il ajouté.

Le général était déjà présent dimanche dans cette localité où les Forces armées congolaises (FARDC) ont dû se replier jeudi après avoir échoué leur contre-offensive pour reprendre la ville de Sake, située à une vingtaine de kilomètres plus au nord, et toujours aux mains de la rébellion du M23.

"Nous sommes l'armée nationale, on ne doit pas se mettre sur un pied d'égalité avec le M23"

"Il y a eu des traîtres (dans les FARDC). Cependant, nous devons faire face à cette agression", a dit le chef de l'armée de Terre, entouré de dizaines de soldats armés de mitrailleuses et de lance-roquettes.

Les rebelles sont des soldats des FARDC qui se sont mutinés en avril avant de créer le Mouvement du 23 mars (M23).

"Nous sommes l'armée nationale, on ne doit pas se comporter ou se mettre sur le même pied d'égalité que le M23 ou bien ceux qui soutiennent nos agresseurs", a ajouté le général.

Les FARDC ont concentré des troupes à Minova pour stopper une éventuelle avancée des rebelles au sud vers Bukavu, la capitale du Sud-Kivu. Des miliciens Maï Maï, alliées au FARDC, étaient postés à quelques kilomètres au nord de Minova, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des experts de l'ONU accusent le Rwanda et l'Ouganda de soutenir les rebelles du M23. Kigali et Kampala démentent les accusations.

L'Union africaine prête envisager une "force internationale neutre"

L'Union africaine (UA) s'est dit prête lundi à envisager le déploiement d'une "force internationale neutre" dans l'est de la République démocratique du Congo.

L'UA "exprime son intention d'envisager (...) le déploiement de la force internationale neutre," a déclaré le commissaire à la Paix et la Sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra, après une session extraordinaire de l'UA dans la capitale éthiopienne Addis Abeba, où siège l'UA.

La déclaration intervient à quelques heures de l'expiration d'un l'ultimatum donné ce week-end par un mini-sommet des pays d'Afrique des Grands Lacs au M23 pour quitter Goma.

Selon M. Lamamra, la Tanzanie est prête à fournir 800 soldats pour cette force, "aussitôt que la logistique le permettra et qu'il y aura un commandant".

Ce week-end, le mini-sommet des pays des Grands Lacs, organisé dans la capitale ougandaise Kampala, a appelé le M23 à se retirer de Goma sous 48 heures et défini un plan prévoyant "l'établissement d'arrangements de sécurité pour suivre la situation sur le terrain".

Il a assigné à la force de l'ONU en RDC (Monusco) la mission d'"occuper et sécuriser une zone neutre entre Goma et les nouvelles zones occupées par le M23" et promis le déploiement à l'aéroport de Goma d'une force tripartite composée d'une "force neutre", de soldats de l'armée régulière de RDC et de rebelles.

Samedi, la Tanzanie avait déjà, selon l'Ouganda, promis de contribuer à cette force à hauteur d'au moins "200 soldats".

Les pays de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) tentent depuis des mois de mettre sur pied cette force neutre qui, malgré les promesses répétées, peine à se matérialiser.

RTBF avec AFP et Belga

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