RDC: Félix Tshisekedi menace de "virer" des ministres ou de dissoudre l'Assemblée congolaise

félix Tshisekedi à Bruxelles, le 18 septembre dernier
félix Tshisekedi à Bruxelles, le 18 septembre dernier - © THIERRY ROGE - BELGA

Le président congolais Félix Tshisekedi a menacé de "virer" des ministres, voire de dissoudre l'Assemblée nationale, si ses partenaires de la coalition fidèles à son prédécesseur Joseph Kabila sapaient son pouvoir en République démocratique du Congo (RDC).

"Le Congolais m'a confié une mission et je dois rendre compte à ce peuple. Et celui qui ne va pas suivre mes instructions et qui s'attachera aux instructions de sa famille politique, il sera viré", a déclaré le chef de l'Etat dimanche devant la diaspora congolaise à Londres, selon des propos cités lundi par la presse kinoise.

Cet avertissement - sorte de bombe atomique constitutionnelle - vise directement les ministres issus du Front commun pour le Congo (FCC, pro-Kabila), soit la majorité des 67 membres du gouvernement. "Jusqu'à présent, je n'ai vu aucun ministre s'opposer à mes décisions. Mais certains ministres me disent qu'ils subissent des pressions", a-t-il ajouté dans un discours en lingala disponible sur le compte Twitter de la radio Top Congo.

"Je ne peux pas dissoudre l'Assemblée nationale tant qu'il n'y a pas crise", a-t-il ajouté. Mais en cas d'"obstruction", "je serai contraint, en fin de compte, de prendre la décision de dissoudre l'Assemblée nationale".

Archive JT: investiture de félix Tshisekedi, le 24 janvier 2019 (sujet JT)

Contestations toujours présentes

Le président a été investi il y a tout juste un an le 24 janvier 2019 en présence de son prédécesseur Joseph Kabila, première transition pacifique du pouvoir au Congo. Joseph Kabila a gardé une vaste majorité au parlement et à la tête de la plupart des 26 provinces. Les deux hommes gouvernent depuis en coalition sur la base de ces résultats officiels (mais contestés) des élections du 30 décembre 2018.

Félix Tshisekedi s'appuie sur sa coalition Cap pour le changement (Cach) qui rassemble son parti, l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS) et l'Union pour la nation congolaise (UNC) de son allié Vital Kamerhe. Mais le FCC, bien que parfois en proie aux luttes intestines, est nettement majoritaire à l'Assemblée nationale, au Sénat et dans les provinces.

Ce scénario est contesté par l'autre candidat de l'opposition Martin Fayulu qui continuer à revendiquer la victoire à l'élection présidentielle du 30 décembre 2018. Il accuse J. Kabila et F. Tshisekedi d'avoir fabriqué les résultats avec la complicité de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et de la Cour constitutionnelle.

Félix Tshisekedi se trouve à Londres pour participer à un sommet sur l'investissement avant de se rendre en Suisse pour participer à Davos à la 50e édition du Forum économique mondial (WEF).

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