RDC: des éléphants tués pour leur ivoire dans le parc des Virunga

"Toutes ces dépouilles d'éléphants ont la même caractéristique: elles sont mutilées de leurs défenses et ne portent aucun impact de cartouche. A côte de l'une d'elles gisaient dix dépouilles de vautours qui probablement venaient de se nourrir des restes de l'éléphant. Ceci atteste la thèse de l'empoisonnement", a indiqué l'ONG Innovation pour le développement et la protection de l'environnement (IDPE) dans une lettre adressée au gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku, et au président congolais Joseph Kabila et dont l'agence BELGA a obtenu une copie.

Selon cette organisation de défense de l'environnement congolaise, "des informations concordantes et persistantes laissent croire que les braconniers (qui sévissent dans le secteur est du parc des Virunga) ont adopté des nouvelles stratégies pour réaliser leur sale besogne: tuer les bêtes avec des appâts empoisonnés avant de procéder à l'extraction des pointes d'ivoire".

L'empoisonnement risquerait d'affecter non seulement tous les autres charognards mais aussi tous les consommateurs de viande boucanée dont le trafic a pris de l'ampleur dans ce milieu sans oublier les oiseaux migrateurs rapaces qui nichent dans ce même milieu. Si tel est le cas, il s'agit d'un empoisonnement à très forte dose capable de foudroyer un grand animal comme l'éléphant avec la possibilité de contaminer tous les maillons de la chaîne alimentaire par le biais des eaux de pluie drainées dans le réseau hydrographique local, ajoute l'IDPE.

Selon l'ONG, deux des trois cadavres d'éléphants ont été découverts le 10 Mai dernier à Kagezi, une localité située près de la frontière avec l'Ouganda, et le troisième le 14 mai, à deux kilomètres de la pêcherie de Nyakakoma. Elle fournit à chaque fois les coordonnées GPS.

Toujours selon l'IDPE, trente éléphants sont aussi portés disparus depuis avril dans le parc national de la Garamba, en province Orientale voisine, dans le nord-est de la RDC.

"Cette concordance d'événements n'est pas le fait du hasard: il y a recrudescence du trafic de l'ivoire d'où nos vives craintes d'une extermination planifiée des éléphants dans nos aires protégées", affirme l'ONG regroupant des "acteurs de la société du secteur environnemental".

Le braconnage des éléphants ou des rhinocéros a explosé ces dernières années en Afrique, alimenté par une forte demande d'ivoire et de corne en Asie, notamment en Chine, et au Moyen-Orient.

Selon le Fonds mondial pour la Nature (WWF), il ne reste plus que 500.000 éléphants en Afrique, soit moitié moins qu'au début des années 80. Au rythme d'abattage actuel (entre 20.000 et 25.000 par an), leur survie n'est plus assurée d'ici une génération".

 


Belga

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