RDC: affrontements entre l'armée et rebelles du M23 au nord de Goma

Militiens du M23 en patrouille sur la ligne de front de Mutaho le 3 juin dernier.
Militiens du M23 en patrouille sur la ligne de front de Mutaho le 3 juin dernier. - © Junior D. Kannah - IMAGEGLOBE

Des combats ont éclaté dimanche en début d'après-midi entre l'armée gouvernementale congolaise et le mouvement rebelle M23 près de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris de sources concordantes.

Ces affrontements se déroulent à Mutaho, à 12 kilomètres au nord ouest de Goma (Est), selon les belligérants. Selon un major des FARDC (armée) qui a souhaité garder l'anonymat, le M23 a débuté les hostilités. "Ils ne peuvent que nous attaquer" en raison de l'impasse où ils se trouvent dans les négociations de paix en cours à Kampala, a affirmé cet officier, joint au téléphone par l'AFP.

Selon des sources militaires sur place, trois bataillons des FARDC, soit près de 2.000 hommes, seraient engagés dans ces combats. Le M23 a confirmé les affrontements en cours, affirmant pour sa part que l'armée loyaliste avait lancé l'attaque. "Nous avons le droit de nous défendre", a déclaré un responsable militaire du mouvement rebelle.

Interrogés par l'AFP, des habitants ont confirmé la chute d'obus de mortier à proximité de la bourgade de Mutaho. Aucun bilan n'était encore disponible vers 14H00 locales (13H à Bruxelles).

Le M23, qui avait occupé Goma pendant une dizaine de jours en novembre dernier, avait quitté la ville sous la pression des pays de la région en échange de négociations avec le gouvernement. Depuis, ces discussions achoppent sur l'évolution du mouvement rebelle et l'intégration de ses hommes au sein des FARDC.

Le M23 reste positionné à quelques kilomètres au nord de Goma. Il est constitué d'ancien militaires congolais, essentiellement rwandophones, qui se sont mutinés et ont trouvé, selon la RDC et les Nations Unies, un appui en hommes et en munitions des gouvernements ougandais et rwandais. Ces deux pays nient toute assistance au M23.

Par ailleurs, l'armée congolaise "pourchasse" les rebelles ougandais qui avaient attaqué jeudi la localité de Kamango, dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), a affirmé dimanche à l'AFP un porte-parole militaire.

En février, un accord-cadre avait été signé par les pays de la région qui se sont engagés à n'aider aucun mouvement rebelle. En mars, les Nations Unies ont décidé de mettre en place une brigade d'intervention qui sera chargée de neutraliser tous les groupes armés opérant dans l'Est de la RDC. Elle devrait être opérationnelle fin août.

Les négociations entre le M23 et le gouvernement se sont depuis poursuivies à Kampala, mais sans résultat jusqu'à présent.

Didier Reynders appelle tous les acteurs a mettre fin à la violence

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a appelé tous les acteurs a mettre fin à la violence alors que des informations font état, ces dernières heures, de nouveaux tirs non loin de la ville de Goma en République démocratique du Congo (RDC), et d'une reprise des violences plus au nord, autour de la ville de Béni.

Pensant d'abord aux populations locales, premières victimes de cette violence et de cette instabilité, Didier Reynders a rappelé que toutes les initiatives en cours depuis l'accord-cadre d'Addis Abeba, le rôle renforcé de la Brigade d'intervention au sein de la MONUSCO et la désignation de l'Envoyée Spéciale Mary Robinson, visent a "coordonner les efforts pour une solution durable dans toute la région".

Belga

 

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