RDC: 130 morts en 24 heures dans des combats dans l'Est

Des Congolais fuient les combats, près de Goma le 15 juillet 2013
Des Congolais fuient les combats, près de Goma le 15 juillet 2013 - © Phil Moore

Les combat en cours dans l'Est de la République démocratique du Congo ont fait 130 morts en 24 heures, a affirmé lundi le gouvernement de Kinshasa, les Nations unies se disant prêtes à employer "la force armée" pour stopper une avancée des rebelles.

Selon la mission de l'ONU en RDC (Monusco), les rebelles congolais du Mouvement du 23 mars (M23) ont renforcé leurs positions autour de la ville de Goma à l'aide d'"artillerie lourde" et d'un blindé.

Lundi midi, de tirs étaient audibles depuis les quartiers nord de Goma, capitale régionale du Nord-Kivu. Plusieurs chars de l'armée congolaise ont tiré en direction des positions du M23, a constaté un photographe de l'AFP. Ce journaliste a par ailleurs croisé un millier de réfugiés qui se pressaient vers Goma, dans un nuage de poussière.

En fin de matinée à Kinshasa, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé avait assuré à la presse que l'armée avait "infligé de très lourdes pertes" aux rebelles. Selon lui, 120 rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) et 10 soldats avaient été tués.

Mais aucun bilan n'a pu être obtenu auprès du M23 ni de sources indépendantes.

Ces nouveaux combats avaient commencé dimanche en début d'après-midi à une douzaine de kilomètres de Goma, dans les villages de Mutaho et Kibati.

Le M23 est constitué d'ancien militaires congolais qui se sont mutinés et ont trouvé, selon la RDC et les Nations unies, un appui - en hommes et en munitions - auprès des gouvernements ougandais et rwandais. Mais ces deux pays voisins nient toute assistance au M23.

Depuis dimanche, rebelles et gouvernement congolais se rejettent l'initiative des nouveaux combats.

M. Mendé a assuré que les rebelles congolais, "soutenus par des troupes régulières rwandaises", avaient "attaqué" les positions des forces armées.

De son côté, le M23 a affirmé qu'il condamnait "avec la dernière énergie cette reprise de la guerre à l'initiative du gouvernement congolais", dans un communiqué diffusé dans la nuit.

Enfin, le Rwanda a accusé lundi soir l'armée de RDC et la Monusco d'avoir "délibèrement" bombardé deux villages rwandais frontaliers. Selon le général Joseph Nzabamwita, porte-parole de l'armée rwandaise, deux obus ont atterri dans les villages de Kageshi et Gasiza, sans faire de blessés, et il s'agissait d'"un acte de provocation délibéré".

Discussions dans l'impasse

Les combats engagés dimanche près de Goma sont les plus violents depuis neuf mois.

En novembre 2012, le M23 avait occupé Goma pendant une dizaine de jours après avoir rapidement défait l'armée pourtant soutenue par les casques bleus onusiens. Les rebelles s'étaient retirés de la ville sous la pression des pays de la région, en échange de l'ouverture de négociations avec le gouvernement de Laurent-Désiré Kabila.

Mais ces discussions entamées en décembre à Kampala n'ont pas beaucoup avancé depuis, le gouvernement refusant qu'elles soient élargies au niveau politique et sociale.

L'ONU, qui entretient 17.000 casques bleus en RDC, avait été pris à partie fin 2012 pour son incapacité à protéger les populations du Nord-Kivu. Les Nations unies ont, depuis, imposé un accord-cadre signé à Addis Abeba le 24 février: tous les pays de la région se sont alors engagés à ne pas appuyer les mouvements rebelles agissant dans l'Est de la RDC.

Lundi, le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky a formulé une mise en garde, depuis New York: la Monusco a "placé ses troupes en état d'alerte. (Elle) se tient prête à prendre toutes les mesures nécessaires et cela comprend l'usage de la force armée dans le but de protéger les populations civiles", a-t-il dit. "Toute tentative du M23 de se diriger vers Goma sera considérée comme une menace directe contre les civils", a-t-il ajouté.

Le Conseil de sécurité des Nations unies avait adopté en mars une résolution créant une brigade d'intervention de 3.000 hommes chargée de neutraliser les groupes armés dans la région.

Cette brigade qui sera composée de soldats tanzaniens, sud-africains et malawites, se met lentement en place et devrait, selon des sources occidentales, n'être pleinement opérationnelle que fin août.

Par ailleurs, dans la même région de l'Est de la RDC mais plus au nord, les offensives d'une rébellion ougandaise, la semaine dernière, ont poussé des milliers de Congolais à fuir.

Les rebelles ougandais des Forces alliées démocratiques (ADF-Nalu) avaient attaqué jeudi, et brièvement occupé, la localité de Kamengo, sur la frontière. Les troupes congolaises les ont délogés et les pourchasse depuis.


AFP
Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK