Rapport Amnesty: plus les murs sont hauts, moins on voit le soleil

70 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, le nombre de réfugiés n’a jamais été aussi élevé. Ils sont 50 millions dans le monde.

Le seul conflit syrien a provoqué la fuite de 4 millions de personnes. 95% de ces syriens ont trouvé refuge dans les pays limitrophes. Le Liban, qui compte 4 millions d’habitants, en accueille à lui seul un million.

150 000 à peine sont parvenus jusqu’en Europe. Le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU estime que 380 000 réfugiés syriens devraient pouvoir trouver refuge sur le sol européen. L’Union daigne en prendre 36 300 supplémentaires. Pas un de plus.

Pour Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty international, " il est insupportable que les efforts déployés par les pays riches pour maintenir ces personnes hors de leurs frontières prennent le pas sur ceux visant à les maintenir en vie." Pour Philippe Hensmans, directeur d’AI-Belgique, "plus les murs sont hauts, moins on voit le soleil ".

Le ventre de la Méditerranée

Résultat, des milliers de migrants prennent "la route de l’eau" pour tenter de gagner l’Europe. Ils empruntent des embarcations de fortune, gérées par des passeurs sans scrupules, qui font payer cher leurs services.

De 700 à 1500 euros la traversée selon l’origine des migrants. Résultat, en 2014, 3400 personnes se sont moyées en Méditerranée, qui est en train de devenir le plus grand cimetière clandestin de l’Europe. Pour Amnesty international, cette logique du "swim or die, nage ou crève" est d’un cynisme insoutenable.

Le rapport annuel de l’organisation donne une vision complète de la situation des droits humains dans 160 pays en 2014. Il est à lire ci-dessus.

Et les prévisions pour 2015 ne sont pas encourageantes. De plus en plus de populations civiles vivent sous le contrôle étatique de groupes armés violents, comme l’État islamique ou Boko Haram.

Et la liberté d’expression est de plus en plus menacée, notamment par des violations découlant de nouvelles lois anti-terroristes et d’une surveillance de masse abusive.

Francoise Wallemacq

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