Rapport alarmant sur les gaz à effet de serre : "Il n'y a aucun signe de ralentissement, ni de diminution"

Rapport alarmant sur les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère : « il n’y a aucun signe de ralentissement, ni de diminution »
Rapport alarmant sur les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère : « il n’y a aucun signe de ralentissement, ni de diminution » - © BELGA PHOTO JONAS HAMERS

Les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ont de nouveau atteint des niveaux records, selon l’Organisation météorologique mondiale. A l’échelle du globe, les concentrations de CO2 ont atteint 407,8 parties par million (ppm) en 2018, alors qu’elles étaient de 405,5 ppm en 2017. Pour établir ces résultats, cette institution spécialisée des Nations Unies a collecté les données communiquées par 53 pays.

Selon L’OMM, "cette tendance à long terme signifie que les générations futures seront confrontées à une aggravation des conséquences du changement climatique, y compris la hausse des températures, l’augmentation du nombre et de l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes, le stress hydrique, l’élévation du niveau de la mer et la perturbation des écosystèmes marins et terrestres".

Une augmentation constante depuis 1990

L’augmentation des concentrations de 2017 à 2018 a été très proche de celle observée de 2016 à 2017 et juste au-dessus de la moyenne des 10 dernières années. Le seuil symbolique des 400 ppm a été atteint en 2015. Le CO2 persiste pendant des siècles dans l’atmosphère et encore plus longtemps dans les océans. Depuis 1990, le forçage radiatif total causé par les gaz à effet de serre est persistant. Un forçage radiatif positif tend à réchauffer le système : plus d’énergie est reçue, qu’émise.

"Il n’y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère malgré tous les engagements pris au titre de l’accord de Paris sur le climat", a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas, par voie de communiqué. "Nous devons traduire ces engagements en actes et revoir à la hausse nos ambitions dans l’intérêt de l’humanité", a-t-il ajouté. "La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années. A cette époque, la température était de 2 à 3 degrés plus élevée qu’aujourd’hui. Le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel", a tenu à préciser le Secrétaire général de l’OMM.

L’une des conclusions du rapport est donc que si les ambitions climatiques des états restent identiques, les quantités de gaz libérées dans l’atmosphère ne vont pas plafonner d’ici à 2030 et encore moins d’ici 2020. Le rapport met en lumière l’écart flagrant, qui ne cesse de se creuser, entre les objectifs convenus pour lutter contre le réchauffement de la planète et la réalité.

Le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote atteignent des sommets

Le record de concentration de CO2 de 407,8 ppm a donc été battu, il représente 147% du niveau préindustriel calculé en 1750. Le méthane (CH4) est, lui, le deuxième plus important gaz à effet de serre persistant. Selon le rapport, le méthane atmosphérique a atteint un nouveau pic en 2018 : 1869 parties par milliard (ppb), soit 259% du niveau qu’il avait à l’époque préindustrielle.

Enfin, le protoxyde d’azote (N2O), les émissions de ce gaz dans l’atmosphère sont d’origine naturelle à 60% et 40% d’origine humaine. Elles proviennent des océans, des sols, de la combustion de biomasse, des engrais et de divers processus industriels. La concentration de ce gaz, en 2018, a atteint 331,1 ppb, soit 123% de celle présente dans l’atmosphère en 1750. Moins connu, ce gaz joue, lui aussi, un rôle important dans la destruction de la couche d’Ozone stratosphérique. Cette dernière nous protège contre les rayons ultraviolets émis par le soleil.

Journal télévisé 13H

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