Ransomware: le monde pourrait connaître un "sabotage numérique grave", selon les services secrets néerlandais

Cet avertissement intervient alors qu'une cyberattaque mondiale sans précédent a fait plus de 200.000 victimes dans au moins 150 pays depuis vendredi, mais semble désormais être contenue.
Cet avertissement intervient alors qu'une cyberattaque mondiale sans précédent a fait plus de 200.000 victimes dans au moins 150 pays depuis vendredi, mais semble désormais être contenue. - © MARTIN BUREAU - AFP

Le monde pourrait connaitre prochainement un "acte grave de sabotage numérique" qui provoquerait troubles, "chaos et désordre", a averti mardi le chef des services secrets néerlandais Rob Bertholee.

Un sabotage d'infrastructures vitales "est le genre de choses qui pourrait vous empêcher de fermer l'oeil la nuit", a déclaré Rob Bertholee à des centaines d'experts et représentants officiels réunis dans le cadre d'une conférence sur la cybersécurité à La Haye.

Cet avertissement intervient alors qu'une cyberattaque mondiale sans précédent a fait plus de 200.000 victimes dans au moins 150 pays depuis vendredi, mais semble désormais être contenue.

Nous pourrions être bien plus proches d'un acte grave de sabotage numérique que beaucoup de personnes ne le pensent

Les menaces de cyberattaques "ne sont pas imaginaires, elles sont tout autour de nous", a indiqué le directeur des services secrets néerlandais (AIVD) lors de ce forum de deux jours organisé par le gouvernement néerlandais. "A mon avis, nous pourrions être bien plus proches d'un acte grave de sabotage numérique que beaucoup de personnes ne le pensent", a-t-il averti.

Rob Bertholee a ainsi rappelé comment les ordinateurs de la plus grande compagnie pétrolière d'Arabie saoudite ont été victimes d'une brève attaque en 2012 ou comment, trois ans plus tard, les compagnies d'électricité ukrainiennes ont été piratées, provoquant une panne de courant de plusieurs heures. Les infrastructures du monde entier sont fortement interconnectées, ce qui comporte de grands avantages mais aussi des "vulnérabilités", a-t-il souligné.

"Imaginez ce qu'il pourrait se passer si le système bancaire tout entier était saboté durant un jour, deux jours, ou une semaine", a remarqué Rob Bertholee. Ou s'il y avait une panne dans notre réseau de transports. Ou si les contrôleurs de trafic aérien étaient confrontés à des cyberattaques pendant qu'ils donnent des instructions à des vols. Les conséquences seraient catastrophiques". A ses yeux, "le sabotage de l'un de ces secteurs pourrait avoir d'importantes répercussions publiques, causant troubles, chaos et désordre".

Quant à la menace de "cyberterrorisme" de la part d'organisations terroristes comme le groupe Etat islamique ou Al-Qaïda, elle reste toujours limitée, a-t-il ajouté. Mais "le terrorisme inspiré par les djihadistes est la priorité" des services secrets néerlandais. "Le niveau d'expertise technique accessible à un groupe djihadiste est toujours insuffisant pour infliger des dégâts importants ou des dommages corporels par le biais d'un sabotage numérique", a constaté le directeur de l'AIVD. "Ils n'en ont peut-être pas encore la capacité mais ils en ont certainement l'intention", a-t-il affirmé.

Se préparer à de futures attaques

Les Etats doivent être préparés face aux menaces futures dans le domaine numérique et gouvernements et secteur privé doivent collaborer, étant donné que c'est là "où nos sociétés sont devenues les plus vulnérables", a-t-il précisé. Des spécialistes de sécurité informatique, qui ont averti que de nouvelles attaques étaient possibles, estiment avoir découvert un lien potentiel entre la Corée du Nord et la cyberattaque mondiale non revendiquée.

Selon l'Office européen des polices Europol, le nombre d'adresses IP infectées a reculé de 38% par rapport à dimanche, à 165 000 mardi matin contre 226 800 dimanche.

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