Radicalisation en prison: l'ONU en quête de solutions

Radicalisation en prison: l'ONU en quête de solutions
Radicalisation en prison: l'ONU en quête de solutions - © Tous droits réservés

Comment mieux lutter contre les risques de radicalisation en prison? Alors que la Turquie a décidé de renvoyer dans leur pays d'origine des jihadistes du groupe Etat islamique, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché mardi sur cette question sans solution évidente.

"De nombreux attentats dans le monde ont été commis par des individus radicalisés en prison et parfois de manière très rapide", a relevé l'ambassadeur de la Belgique à l'ONU, Marc Pecsteen de Buytswerve, en ouvrant le débat.

Membres non permanents du Conseil de sécurité, la Belgique et l'Indonésie, co-organisateurs de la réunion, ont souligné la nécessité d'une meilleure coopération entre les acteurs mobilisés par le sujet.

L'Indonésie appelle notamment les chefs religieux à "mener des dialogues avec les prisonniers", a indiqué une vice-ministre indonésienne, Budi Utami, chargée de l'administration pénitentiaire.

Les détenus sont aussi encouragés "à développer (leur) pensée critique, ce qui peut les conduire à réfléchir à leur initiation" aux mouvements radicaux, a-t-elle ajouté.

L'ambassadeur belge a convenu que du travail restait à faire pour "adapter les prisons afin qu'elles servent à la réintégration des détenus" dans la société. Aujourd'hui, "les prisons ne réussissent pas à réhabiliter les détenus", selon lui.

Conseillère au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Agnès Coutou a regretté que les pays n'investissent pas davantage dans les centres pénitentiaires où sont incarcérés au total dans le monde 11 millions d'individus. Elle a exhorté ces Etats à éviter le confinement des radicalisés, source de troubles psychiatriques graves. Leur regroupement nuit à leur réhabilitation, a-t-elle estimé, en jugeant aussi contre-productif de les singulariser.

Comme elle, d'autres intervenants ont souligné que la surpopulation carcérale comme la mauvaise formation des gardiens de prison favorisaient la radicalisation. En 2017, le Conseil de sécurité avait adopté une résolution sur ce fléau qui insistait notamment sur un suivi des prisonniers après leur sortie de prison.
 

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