Racisme aux USA : en Californie, des démocrates demandent que l’aéroport John-Wayne change de nom

Voilà une attaque que le roi des cow-boys John Wayne aura du mal à esquiver : dans le comté d’Orange, en Californie, plusieurs leaders démocrates demandent que son image soit retirée de l’aéroport de Santa Ana, rapporte le Los Angeles Times. En cause : des propos racistes tenus lors d’une interview en 1971. Les officiels locaux ont publié une résolution qui s’inscrit dans le vaste mouvement de recontextualisation de l’histoire raciale américaine, alors que beaucoup de manifestants demandent une reconnaissance du racisme "systémique" dans le pays. Ils demandent que l’aéroport soit rebaptisé Orange County Airport, lui qui porte le nom de John-Wayne Airport depuis le décès de l’acteur en 1979, et possède une statue en son honneur.

Il faut dire qu’au-delà de sa figure d’acteur de western des années 60-70, John Wayne était une personnalité aux idées politiques résolument conservatrices, proche du parti républicain. Dans l’interview incriminée, donnée au magazine Playboy, le "Duke" avait notamment déclaré qu’il "croyait à la suprématie blanche tant que les Noirs ne seraient pas éduqués jusqu’à devenir responsables." De la même manière, il estimait ne pas avoir à se sentir "coupable parce que cinq ou dix générations auparavant, ces gens étaient des esclaves."


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Des propos exhumés qui créent la polémique en plein mouvement Black Lives Matter. D’autant que l’acteur ne s’arrêtait pas là : il avait également rejeté l’idée que les Européens avaient spolié les Amérindiens lors de la colonisation. "C’était une question de survie, estimait-il. Beaucoup de personnes avaient besoin d’une nouvelle terre, et les Indiens essayaient égoïstement de tout garder pour eux." L’agence AP rapporte également qu’il avait fait preuve d’homophobie pour dénigrer des films de l’époque, comme 'Easy Rider' et 'Midnight Cowboy'.

"Il y a eu des efforts dans le passé pour [retirer ce nom] et désormais nous y mettons notre nom et notre soutien pour être sûr que cela se fasse", a déclaré au Times Ada Briceño, porte-parole du parti démocrate dans le comté. La résolution estime que cette demande fait partie d’un "mouvement national pour retirer les symboles et les noms qui façonnent les institutions et les monuments" du pays. "Il est de source sûre que les symboles racistes produisent du stress et des traumatismes physiques et psychologiques, particulièrement pour les communautés noires, de couleur et les autres groupes oppressés", affirme le texte. L’administrateur du comté a déclaré au Times qu’il avait eu vent de cette résolution mais n’avait pas pris de décision à ce sujet.