Racisme aux États-Unis: le drapeau confédéré, une bannière qui divise toujours l'Amérique

Le drapeau confédéré divise une partie de l’Amérique
6 images
Le drapeau confédéré divise une partie de l’Amérique - © Sean Rayford - AFP

C’est un drapeau qui pour certains en Belgique est assez méconnu. Au mieux nous le visualisons grâce à des films sur la Guerre de Sécession (1861-1865) ou à des bandes dessinées comme Blueberry ou les Tuniques bleues.

Ce drapeau, c’est celui des armées des États confédérés d’Amérique, une bannière adoptée pendant la guerre civile. Un drapeau rouge barré d’une croix bleu marine sur laquelle se retrouvent 13 étoiles. Jusqu’à aujourd’hui, ce drapeau se retrouvait encore sur une partie de la bannière de l’État du Mississippi, qui a décidé de l’abandonner suite aux manifestations contre le racisme de ces dernières semaines.

Un drapeau polémique, car pour une grande partie des Américains, il reste un symbole de ralliement aux idées racistes.


A lire aussi : Comment la situation des Afro-Américains a-t-elle évolué depuis la fin de l’esclavage ?


 

13 étoiles pour 13 États esclavagistes

Tout comme pour le drapeau des États-Unis, chaque étoile présente sur le drapeau confédéré représente un des États du Sud.

Il s’agit du Mississippi, de la Caroline du Sud, de l’Alabama, de la Floride, de la Géorgie, du Tennessee, du Texas, de la Virginie, de l’Arkansas, de la Louisiane et de la Caroline du Nord. Le Kentucky et le Missouri n’ont pas officiellement fait sécession durant la guerre mais ils étaient considérés comme confédérés, et étaient représentés au Congrès confédéré.

La première fois qu’on a pu apercevoir ce drapeau date de 1861 sur les champs de bataille dans le nord de la Virginie. D’où son nom de "Confederate Battle Flag" (le drapeau de guerre confédéré). Un drapeau qui n’a jamais été officiel.

Cette bannière est donc née durant la guerre de Sécession. Un conflit qui opposait le Nord industriel et le Sud agricole et dont l’économie se basait sur l’esclavage.

Les États du Sud ont alors autoproclamé leur indépendance, car ils ne voulaient pas de la réforme de l’esclavage portée par le président Abraham Lincoln.

Après 4 ans de guerre, le Sud sera ravagé et les esclaves libérés contre la volonté de ces États confédérés.

Une cicatrice qui ne se refermera jamais pour une partie des Américains qui voit dans ce drapeau, le symbole du Sud qui résiste mais aussi celui d’une Amérique raciste.

Un drapeau, deux symboles

Aujourd’hui encore pour de nombreux Américains, ce drapeau est un symbole d’allégeance à l’Amérique esclavagiste. Les adeptes du Ku Klux Klan arborent d’ailleurs souvent ce drapeau lors de leur manifestation ou rassemblement.

Les plus hypocrites de ses adeptes affirmeront qu’il appartient à l’Histoire des États du Sud et qu’il faut donc en être fier. Ce drapeau confédéré est encore très présent dans ces États. On peut le retrouver souvent en autocollant à l’arrière des voitures, dans des fêtes locales et très souvent dans des événements sportifs comme les courses de Nascar, ce sport automobile très populaire au États-Unis.

Mais il ne se retrouve pas que dans le Sud, il n’est pas rare de l’apercevoir dans certains endroits du Nord et notamment dans la "Rust Belt". Cette région des États-Unis est une ancienne région très industrialisée qui a beaucoup souffert des crises économiques successives. Des États décisifs dans la victoire de Donald Trump lors de son élection.

Le Mississippi après la Géorgie

La Chambre des représentants et le Sénat du Mississippi ont donc voté le retrait du drapeau de cet État du sud des États-Unis du symbole de l’armée confédérée qui rappelle la période de l’esclavage.

Depuis 1894 et jusqu’à aujourd’hui, le Mississippi (qui faisait partie de la Confédération durant la guerre de Sécession) était le dernier État du Sud à encore avoir le drapeau confédéré sur une partie de son drapeau. Avant cela, la Géorgie avait elle aussi le drapeau Confédéré imprimé sur son emblème. Elle l’avait adopté en 1956 pour l’abandonner en 2003 suite à la même polémique que rencontre aujourd'hui le Mississippi.

Des drapeaux mais aussi des statues

Avec les manifestations antiracistes qui ont suivi la mort de George Floyd, ce ne sont plus uniquement les drapeaux confédérés qui sont bannis de l’espace public. Ces dernières semaines on a vu des manifestants s’en prendre à des statues aux quatre coins du pays.

Des statues de personnalités importantes de l’Amérique confédérée, que ce soit des généraux de l’armée sudiste ou des notables de cette société esclavagiste de l’époque. Les protestataires et une grande partie des Américains ne veulent plus de ces symboles dans l’espace public et le font savoir avec des manifestations de plus en plus fréquentes ces dernières années.  Dans le même temps, des suprémacistes blancs défendent bec et ongles ces monuments. Parfois même de façon violente, comme lors de l’attentat raciste de Charlottesville en 2015.

Un symbole de soutien à Donald Trump

Aujourd’hui on peut donc voir des Américains faire flotter le drapeau confédéré devant leur habitation ou dans leur voiture. Pour certains il est un symbole de ralliement aux idées les plus conservatrices et même racistes.


>> À lire aussi : Quels liens entre Donald Trump et les mouvements d’extrême droite ?


Un drapeau confédéré que l’on retrouve parmi les supporters de Donald Trump à chacun de ses meetings. Certains de ses électeurs ne cachent pas leur amour pour la bannière confédérée et l’arborent sans aucun complexe. Une sorte de racisme décomplexé que Donald Trump est accusé d’encourager.

Le président américain n’a jamais posé avec ce drapeau, mais il sait ce qu’il représente et ne l'a jamais fait interdire lors de ces rencontres avec ses électeurs. Le président américain est aussi souvent pointé du doigt pour ne pas dénoncer les suprémacistes blancs, comme c’était le cas lors du drame de Charlottesville.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK