Qui va payer ? Comment ça a pu brûler ? Et l'orgue ? Les 10 questions que vous vous posez sur l'incendie de Notre-Dame de Paris

Qui va payer ? Comment ça a pu brûler ? Et l’orgue ? Les 10 questions que vous vous posez sur l’incendie de Notre-Dame de Paris
Qui va payer ? Comment ça a pu brûler ? Et l’orgue ? Les 10 questions que vous vous posez sur l’incendie de Notre-Dame de Paris - © Tous droits réservés

Tristesse, désolation, stupéfaction. La population parisienne est sous le choc après l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, l’effondrement de la flèche et les énormes dégâts causés à l’édifice. Mais cette tristesse et cette incompréhension sont partagées dans le monde entier, avec une série de questions concernant les événements et l’avenir de ce patrimoine mondial de l’humanité :

1) Comment un tel édifice, millénaire, protégé et construit en pierres a-t-il pu brûler ?

De l’extérieur, tout ce qu’on voit de Notre-Dame, c’est de la pierre et des vitraux. Mais la vieille dame abrite un cœur de bois qui la rend vulnérable. Le feu est parti des combles, puis s’est propagé extrêmement vite à une grande partie du toit. Les flammes ont dévoré la charpente, longue de plus de 100 mètres et baptisée… « la forêt ». La piste d’un départ de feu accidentel depuis le chantier en cours sur le toit de la cathédrale est celle qui est actuellement privilégiée par les enquêteurs. Le feu semble être parti au niveau des échafaudages installés sur le toit.

Le Parisien évoque l’hypothèse d’un foyer provoqué par un travail de soudure sur la charpente en bois.

2) Pourquoi n’a-t-on pas pu venir à bout plus vite de l’incendie ?

« Le temps a joué au début contre nous, a expliqué le porte-parole des pompiers. Le vent a joué contre nous et il fallait reprendre le dessus. La priorité que l’on s’était donnée, c’était de sauver les deux beffrois (partie qui supporte les tours), et les deux beffrois ont été sauvés. Au début de notre action, il n’était pas inconsidéré de penser que la structure pouvait s’effondrer. »

3) Pourquoi ne pas avoir utilisé des Canadairs ?

L’idée de larguer de l’eau avec des canadairs a même été émise par le président américain Donald Trump. Elle était pourtant inapplicable : Le largage d’eau par avion sur ce type d’édifice pourrait en effet entraîner l’effondrement de l’intégralité de la structure ",

4) Quelle est l’ampleur des dégâts ?

Le dégât le plus spectaculaire, c’est bien sûr la flèche qui s’est effondrée, l’un des symboles de Paris avec ses 93 m de hauteur. Mais au-delà de ça, lensemble de la toiture est sinistré, l’ensemble de la charpente est détruit, et une partie de la voûte s’est effondrée. Certains vitraux ont explosé sous l’effet de la chaleur, et des œuvres d’art ont aussi été détruites.

Les Mays, ces grands tableaux de deux mètres sur trois environ, commandés chaque année entre 1630 et 1707 par la Corporation des orfèvres, ont ainsi été pour certains détruits. "Il y en quatre très grands, notamment un Laurent de La Hyre, qui a priori sont détruits", précise Maxime Cumunel, secrétaire général de l’Observatoire du patrimoine religieux.

5) Qu’est-ce qui a pu être sauvé ?

Les deux beffrois, qui abritent les cloches, ont par contre été sauvés. Le Bourdon, fondu il y a plus de 300 ans et lourd de 13 tonnes, ainsi que les autres cloches, renouvelées en 2013, sont ainsi intacts.

Et l’ensemble des œuvres d’art qui étaient dans la partie « trésor » ont été sauvées, dont la couronne d’épines et la tunique de Saint Louis. Les trois rosaces emblématiques de la cathédrale, datant des XIIe et XIIIe siècles, ont été sauvegardées.

Jeudi dernier, 16 statues de cuivre représentant les 12 apôtres et les quatre évangélistes avaient été décrochées de la flèche de la cathédrale pour être restaurées et ont ainsi échappé au sinistre.

6) L’orgue a-t-il été atteint ?

Notre-Dame compte trois orgues dont « le grand orgue », avec ses cinq claviers, ses 109 jeux et ses près de 8000 tuyaux, est le plus remarquable. Cet instrument « n’a pas été brûlé » dans l’incendie qui a ravagé l’édifice, mais sa structure pourrait souffrir de dégâts infligés par le sinistre, a indiqué à l’AFP l’un des trois organistes titulaires de la cathédrale mondialement connue.

L’instrument, rénové au fil des siècles mais dont l’essentiel de la structure date du début du XVe siècle, « est en partie préservé, mais il est recouvert par des gravats, de la poussière et de l’eau », a affirmé Philippe Lefèvre, qui joue depuis 35 ans à Notre-Dame de Paris.

« Dans les mois qui viennent, tout cela va sécher et risque de provoquer des problèmes de structure », s’est ému ce septuagénaire interrogé à Montréal, le village de l’Aude (sud-ouest de la France) où il réside quand il n’est pas à Paris. « Nous espérons que cela va rester stable, et que dès que possible il sera mis à l’abri », a-t-il ajouté, relevant que l’instrument était l’un des plus gros d’Europe. « Le petit orgue, qui se trouvait sous la flèche, a été endommagé » par le feu, a-t-il en revanche précisé.
 

7) Qui va prendre en charge la reconstruction ?

Emmanuel Macron a promis de « rebâtir » Notre-Dame. « Le pire a été évité », et « cette cathédrale, nous la rebâtirons », a-t-il promis.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a proposé sur France Inter de tenir dans la capitale « une conférence internationale des donateurs » en vue de la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame. L’objectif de cette conférence serait à la fois d’accueillir « des experts » et de « pouvoir lever des fonds ».

« La reconstruction et la rénovation de Notre-Dame pourraient prendre entre 15 et 20 ans probablement pour un coût de plusieurs centaines de millions d’euros », a estimé Patrick Palem, spécialiste depuis 40 ans de la restauration du patrimoine, et désormais conseiller de la Socra (Restauration et conservation d’œuvres d’art et monuments historiques)
 

8) Comment financer les travaux ?

En France, c’est l’Etat qui assure la « gestion du risque » de son patrimoine. A moins que la responsabilité de l’entrepreneur soit reconnue et que lui ou son assurance puissent indemniser, c’est donc à l’Etat d’assurer le financement de cette reconstruction.

Dès lundi soir, le président de la République a confirmé qu’une souscription nationale allait être lancée, pour aider à une reconstruction qui s’annonce longue et difficile.

Dans la nuit, la famille Pinault, l’une des plus riches de France, a annoncé débloquer 100 millions d’euros pour Notre-Dame. Et LVMH et la famille Arnault annoncent un « don de 200 millions d’euros » pour participer « à la reconstruction de cette extraordinaire cathédrale, symbole de la France, de son patrimoine et de son unité ».

Et Total a également annoncé un don de 100 millions, un mécénat favorisé par la politique fiscale française…

Enfin, Henry Kravis, co-fondateur du fonds d’investissement américain KKR, et son épouse Marie-Josée Kravis, « attristés par l’incendie », ont annoncé contribuer « dès à présent » à hauteur de 10 millions de dollars (8,85 millions d’euros). C’est le premier don d’ampleur venu de l’étranger.

9) Comment participer financièrement en étant sûr que l’argent ira à bonne destination ?

Plusieurs internautes ont créé des cagnottes, faisant appel à la générosité des Français. Parmi elles, certaines cumulent déjà plusieurs milliers d’euros de dons. Mais elles sont parfois hébergées sur des plateformes de collecte qui ne permettent pas de contrôler le bon usage des fonds, explique BFM. Sur Twitter, le député LaREM Jean-Michel MIS appelle le site Leetchi à faire preuve d’une attention particulière. Le site a toutefois expliqué exercer une surveillance à ce sujet.

Le plus prudent : La Fondation du patrimoine a ouvert son propre outil de collecte de dons en ligne dès mardi sur son site Internet. Cette fondation privée dédiée à la préservation du patrimoine avait notamment perçu des fonds du Loto du patrimoine.
 

10) En quoi consistaient les travaux de rénovation en cours ?

La restauration de la flèche et de la toiture constituait la première phase de 150 millions d’euros de travaux. Débutée en juillet 2018, l’installation de l’échafaudage de 500 tonnes était sur le point d’être achevée.

Tous les éléments devaient être déposés, remplacés et remontés. Il s’agissait de refaire à l’identique les corbeilles, les crochets, les pinacles, les gargouilles et les colonnes. La rénovation de Notre-Dame devait initialement durer une dizaine d’années.

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