Qui sont les Loups gris, ces ultranationalistes prônant le panturquisme?

Le signe des Loups gris
Le signe des Loups gris - © ADEM ALTAN - AFP

Récemment, un échevin sp.a a été vivement critiqué par la classe politique pour sa participation à une manifestation où l’extrême-droite et l’ultranationalisme turque était présents, avec la présence du MHP (parti d’action nationaliste) turque et de leurs Loups gris.

Mais qui sont ces Loups gris que nos politiques belges décrient ? Créée fin des années 60 par le colonel Alparslan Türkeş pour être la branche paramilitaire du MHP, les Loups Gris sont une organisation ultranationaliste néo-fasciste. "Elle est ultranationaliste au sens large, comme nous précise Vincent Eiffling, chercheur associé au CECRI, le Centre d'étude des Crises et des conflits internationaux de l'UCLouvain. C’est-à-dire qu’elle défend l’idée du panturquisme, donc de rassembler les peuples turcophones au sein d’un même Etat. Sa particularité est de conjuguer cette idéologie nationaliste avec une identité islamique sunnite."

Les Loups gris sont un groupuscule occulte qui agit dans l’ombre. Ils sont connus pour leurs actions très violentes, notamment durant les années 70 contre les mouvements communistes et d’extrême-gauche, sur fond de guerre froide. De nombreux assassinats d’intellectuels et de journalistes de gauche leurs sont attribués. "Encore maintenant, ils forment un réseau aux multiples ramifications, dans les services secrets, l’armée, la police. Certaines de leurs actions arrangent le pouvoir en place, qui est donc assez tolérant à leur égard."

Selon une étude de 2016, de 3,6% à 4% de l’électorat turque est favorable aux Loups Gris. Car toutes leurs actions ne se font pas dans l’ombre : "Ils diffusent leurs propagandes sous couvert d’organisations culturelles ou sportives, tant en Turquie qu’au-delà de ses frontières, dans les pays où la diaspora est bien présente."

Bientôt dans l'ombre du pouvoir ?

Actuellement, le MHP est le troisième parti de Turquie, "proche de l’AKP de Recep Tayyip Erdogan, ajoute Vincent Eiffling. Leurs électorats sont assez proches, et si l’AKP venait à perdre sa majorité absolue, le MHP serait son partenaire naturel. Ils se retrouvent dans leur volonté de lutter contre l’ingérence étrangère. Avec comme conséquence qu’une partie de l’argent de l’État turque servirait aux desseins des Loups gris."

Une situation qui plongerait le pays un peu plus dans l’extrémisme, vu les positions xénophobes et hostile envers les autres confessions et minorités présentes sur le territoire turc. "Le MHP joue pour l’instant très fort sur l’antagonisme avec les Kurdes, afin de radicaliser l’opinion de la population à l’égard de ceux-ci. Le PKK — parti des Travailleurs du Kurdistan — est leur bête noire."

Archives: Erdogan annonce des élections anticipées le 24 juin le 18/04/2018

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