Qui sont ces boat-people qui naviguent en 2015 en Asie du Sud-Est?

Un récent rapport du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés tente de chiffrer ce phénomène : en 2014, 53 000 personnes ont quitté le Bangladesh ou la Birmanie pour tenter de se rendre en Thaïlande ou en Malaisie. Actuellement c’est la principale route maritime empruntée par les boat people dans cette région du monde. L'exode s'accélère généralement à l'approche de la saison des pluies.

Ces milliers de candidats à l'exil fuient la pauvreté au Bangladesh ou, dans le cas des Rohingyas de Birmanie, minorité musulmane considéré par l'ONU comme l'une des plus persécutées au monde, la violence. La Birmanie à dominante bouddhiste considère les quelque 800 000 Rohingyas comme des immigrants bangladais illégaux. Pour un voyage entre la Baie du Bengale et la Malaisie, les trafiquants demandent de 1600 à 2400 dollars US par personne. Récemment la Thaïlande, point de passage habituel des clandestin, a décidé de réprimer le trafic après la découverte de fosses communes contenant les dépouilles de plusieurs d'entre eux en pleine jungle.

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Les routes maritimes des passeurs vers l'Australie © United Nations Office of Drugs and Crime
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En 2011, un bateau de passeurs a coulé non loin de la côte de Java, en Indonésie © AFP

Ce lundi, des passeurs ont fait croire à certains des candidats à l’exil qu’ils étaient à proximité des côtes de Malaisie et qu’il leur suffirait de nager jusqu’à la terre ferme, alors qu’il s’agissait du territoire indonésien. D’autres candidats migrants sont purement et simplement abandonné sur le bateau, sans nourriture ni carburant, un scénario qui ressemble à ce qui se passe ces derniers mois en Méditerranée.

Une fois en Malaisie, certains migrants originaires du Bangladesh ou de Birmanie tentent de poursuivre le voyage, si possible vers l’Australie. Cette très longue route périlleuse était tentée jusqu’au début des années 2000 par de nombreux Afghans, Irakiens ou Iraniens, jusque 15 000 par an. La majorité d’entre eux n’arrivaient jamais jusqu’aux côtes australiennes, mais débarquaient sur le territoire indonésien.

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En 2013, des candidats migrants originaires d'Iran ont été intercepté au large de Bali, en Indonésie © SONNY TUMBELAKA - AFP

L’Australie a progressivement durci sa législation anti-immigration, et le modèle suivi par le gouvernement conservateur actuel s’appelle "frontières souveraines". Les immigrés arrivés clandestinement sont envoyés vers des centres de rétention installés dans des pays voisins et financés par l’Australie : Nauru, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et même le Cambodge.

Il arrive aussi que la Marine australienne repousse, quasi-illégalement, des bateaux chargés de clandestins en-dehors des eaux territoriales australiennes. Le statut de réfugié est devenu beaucoup plus difficile à obtenir et n’est plus accordé que temporairement. Résultat : le nombre de candidats migrants vers l’Australie a brutalement chuté.

A.L.

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