Qui est Martin Fayulu, le visage controversé de l'opposition à Kabila?

Parmi les sept leaders de l'opposition à Kabila, c'est le député Martin Madidi Fayulu qui a été choisi pour affronter la coalition du président sortant, en République Démocratique du Congo. Après trois jours de négociations à huis clos à Genève, Fayulu a réussi à s'imposer face au favori Félix Tshisekedi. Le parti de ce dernier a cependant rejeté cet accord.

Mais qui est cet homme d'affaire qui mènera le front commun de l'opposition, une grande première dans l'histoire politique congolaise ?

Homme d'affaire et soldat du peuple

À bientôt 62 ans, Martin Madidi Fayulu a mené sa barque avec brio. Il est né et a grandi à Kinshasa, avant de faire une partie de ses études de gestion en France, puis de s'envoler pour San Francisco, où il a rejoint les bancs de la European University of America. Au milieu des années '80, il se fait une place dans le monde des affaires et gravit les échelons de la compagnie pétrolière Exxon Mobil, en passant par des postes en France, aux États-Unis, au Nigéria ou encore au Mali. Vingt ans plus tard, il est propulsé à la tête du siège de la compagnie en Ethiopie. Mais cette carrière ne suffit pas à Martin Fayulu qui décide de s'engager en politique dans son pays au début des années '90. Alors opposant au président Mobutu, il n'a jamais cédé aux chants de sirènes du camp Kabila, et fondera, en 2009, le parti d'opposition Engagement de pour Citoyenneté et le Développement. Enfin, et surtout, il a rejoint les Forces Acquises au Changement, une plateforme qui regroupe une vingtaine de partis politiques.

Pourquoi il fait le poids?

Martin Fayulu, l'homme de principes, séduit par ses convictions et son ouverture d'esprit. Fort d'une base électorale solide à Kinshasa, il est régulièrement présenté comme un homme plus proche de la société civile que des élites politiques, malgré son expérience dans les cercles du pouvoir et l'accueil chaleureux qu'il reçoit dans la plupart des ambassades occidentales. Il a notamment toujours gardé son indépendance financière, en investissant ses économies dans l'hôtellerie et l'immobilier. Et puis un autre élément inspire la confiance : Martin Fayulu affirme qu'il refuse de participer à l'élection présidentielle si les "machines à voter" qui font débat" sont mises en place. Grand intellectuel reconnu, il semble donc réunir la sympathie du peuple et les qualifications nécessaires pour tenir la route au siège présidentiel.

Mettre fin, coûte que coûte, à l'ère Kabila

Les élections présidentielles congolaises ont été reportées à deux reprises depuis 2016, année de l'expiration du mandat de Jospeh Kabila, qui sera donc resté au pouvoir pendant 18 ans, après avoir succédé à son père. Une dynastie qu'il est urgent de faire tomber, tant pour l'opposition congolaise qu'aux yeux de la communauté internationale. Et c'est dans ce contexte politique tendu en RDC que les médiateurs se sont donc succédé pour que les sept ténors de l'opposition se mettent d'accord sur un nom fédérateur, parmi les quatre candidats en lice. À six semaines de l'élection, il était urgent qu'un concurrent solide puisse faire le poids face au dauphin de Kabila, Emmanuel Shadary. 

Extraits de la conférence de presse de Martin Fayulu, à Genève:

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