Qui est Laurent Gbagbo, cet ancien président ivoirien acquitté de crimes de guerre par la Cour pénale internationale ?

La Cour pénale internationale (CPI) a confirmé l’acquittement de crimes contre l’humanité de l’ex-président ivoirien prononcé en 2019 de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, premier ancien chef d’Etat qu’elle a jugé, lors d’un procès pour crimes contre l’humanité liés aux violences post-électorales en 2010 et 2011. Mais qui est-il et quel est son parcours jusqu’à sa dernière accusation en date, c’est-à-dire celle du CPI ?

Agé aujourd’hui de 75 ans et né en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo avait déjà su se faire remarquer par la justice et ce, dès son plus jeune âge. Après avoir étudié l’histoire à l’université d’Abidjan, il décide de compléter sa formation à la Sorbonne à Paris avant de retourner dans son pays natal pour enseigner l’histoire. Mais sa façon d’enseigner, jugée subversive, ne plaît pas au gouvernement. Il est alors arrêté pour la première fois en mars 1971 et emprisonné jusqu’en janvier 1973.


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Laurent Gbagbo persiste à contredire les valeurs et les ordres du gouvernement d’Houphouët-Boigny. Il crée dans la clandestinité un mouvement d’opposition en 1982 et s’exile en France jusqu’en 1988. Là-bas, il travaille sur une stratégie pour promouvoir son mouvement, le Front populaire ivoirien (FPI). A ce moment-là, il avait en tête qu’un seul objectif : lutter contre la dictature du Parti démocratique de Côte d’Ivoire.

A son retour, le mouvement se constitue et milite pour l’instauration du multipartisme. La tâche est ardue mais le défi est réussi pour Laurent Gbagbo puisqu’en 1990, le FPI est reconnu officiellement. Il peut alors participer pour la première fois de l’histoire du pays à des élections pluraliste. Il se présente alors à l’élection présidentielle du 28 octobre 1990 face à celle du président Félix Houphouët-Boigny.

Il n’est pas élu mais obtient un résultat honorable qui lui vaut l’honneur de devenir le leader de l’opposition. Les années qui suivent sont rythmées par de grandes manifestations, il est alors condamné en 1992 à deux ans de prison pour avoir fomenté des troubles publics.

Un an plus tard, son plus grand adversaire décède en fonction et c’est Henri Konan Bédié qui le succède. Celui-ci est renversé en 1999 par un coup d’Etat militaire mené par Robert Guéï.

En 2000, Laurent Gbagbo se présente à l’élection présidentielle du 22 octobre 2000 contre le général Robert Guéïl, il la remporte et devient le président de la Côte d’Ivoire normalement jusqu’à 2005 mais prolonge comme il peut son mandat en repoussant le scrutin présidentiel jusqu’au 2 décembre 2010. Le verdict tombe, Alassane Ouattara, remporte le suffrage avec 54% des voix. C’est alors que des violences post-électorales se créent ayant fait 3000 morts en Côte dIvoire, nées du refus de M. Gbagbo de reconnaître fin 2010 la victoire à la présidentielle de son rival Alassane Ouattara.

Accusés de quatre chefs de crimes contre l’humanité, meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, Laurent Gbagbo, 75 ans, et un de ses proches, Charles Blé Goudé, ex-chef du mouvement des Jeunes patriotes ivoiriens surnommé "le général de la rue", ont été acquittés en janvier 2019 et libérés sous conditions un mois plus tard.

Depuis son acquittement, M. Gbagbo vit en Belgique. La CPI avait refusé une demande de liberté sans condition, mais a autorisé l’ex-président à quitter la Belgique vers un pays acceptant de le recevoir.

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