Comment Benny Gantz a réussi à rivaliser avec Benjamin Netanyahou

Benny Gantz est l'homme qui, selon les sondages, fait de l'ombre à Benjamin Netanyahou
Benny Gantz est l'homme qui, selon les sondages, fait de l'ombre à Benjamin Netanyahou - © JACK GUEZ - AFP

Il est la surprise de cette campagne: Benny Gantz, ancien chef d'état-major, a pris la tête de Bleu-Blanc, une liste de centre-droit. Elle est donnée première dans les sondages, juste devant le Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahou. Nous avons rencontré Charles Enderlin, journaliste et auteurs de plusieurs livres sur le conflit israélo-palestinien pour tenter de comprendre cette apparition fulgurante dans le paysage politique israélien. 

A la veille des législative en Israël, c'est l'homme qui fait de l'ombre à Benjamin Netanyahou: Benny Gantz. Comment un ancien militaire, novice en politique, a-t-il pu réaliser une telle percée politique aussi rapide? 

Charles Enderlin: "Il vient d'un groupe d’anciens généraux qui ont commencé à être très inquiets de la tournure que prenait le pays sous la direction de Benjamin Netanyahou: le virage très à droite du publique, les attaques contre les institutions, contre la cour suprême, les attaques contre la police, les enquêteurs... Ces anciens, venus du grand état-major, se sont réunis et ont décidé qu’il fallait absolument faire quelque chose.

"Benny Gantz, qui était visiblement le plus populaire d’entre eux, a pris la tête de ce mouvement. Il s’agit de trois anciens chefs d’état-major. Leur formation a fait alliance avec le parti Yesh Atid de Yaïr Lapid, ancien journaliste et ancien ministre des Finances de Benjamin Netanyahou. Donc, un groupe à priori absolument capable de diriger le pays."

"Durant la campagne, ils ont eu une attitude totalement différente de celle adoptée par la droite. C’est une attitude d’empathie avec le publique parlant beaucoup du social et beaucoup moins du militaire."

Quelles sont les chances de cette liste d’accéder au pouvoir au lendemain des élections ?

Charles Enderlin: "Il ne faut pas faire de paris avant les élections. 5% des électeurs israéliens sont encore indécis. On peut avoir une surprise. Maintenant après les élections, il va falloir qu'un parti négocie avec les autres pour réunir plus de 60 députés sur 120."

"Si Benny Gantz n’arrive pas à négocier avec les ultra-orthodoxes, il n’aura pas sa majorité des 61. Par contre le Likoud de Benjamin Netanyahou, s’il fait 28, 29 mandats, pourra négocier avec tous les petits partis de droite et les ultra-orthodoxes. Mais il est déjà arrivé au cours d’élections précédentes que le Premier ministre décide qu’il en a assez du chantage des petits partis et décide de s’allier avec son grand adversaire. En théorie, un gouvernement d’union Likoud (de Netanyahou) et blanc-bleu (de Gantz) n’est à priori pas exclu."

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