Qui est Abdelkader Bensalah, le successeur par intérim de Bouteflika?

Le président par intérim apparaît comme un pur produit du régime
Le président par intérim apparaît comme un pur produit du régime - © FETHI BELAID - AFP

Celui qui assurera l'intérim après la démission du président Abdelaziz Bouteflika est un pur produit du régime algérien. Président depuis près de 17 ans du Conseil de la Nation, chambre haute du Parlement, Abdelkader Bensalah est un cacique du régime dominé par le Front de libération nationale (FLN), au pouvoir en Algérie depuis l'indépendance en 1962.

Cet homme de 77 ans représentait souvent ces dernières années le président Bouteflika absent de la scène publique depuis un AVC en 2013. C'est lui qui occupait par exemple le siège de l'Algérie lors du Sommet de la Ligue arabe à Tunis le 31 mars.

Un " bon serviteur du système "

Député, ambassadeur, haut fonctionnaire ministériel, sénateur, il a multiplié les fonctions et présidé les deux chambres du Parlement, sans jamais devenir ministre.  Ceux qui ont travaillé avec lui le décrivent comme " un bon serviteur du système " attribue sa longévité dans les allées du pouvoir à sa discrétion.

Se rendre utile au moment opportun, c'est ce qu'il sait faire, lui qui ne s'exprime que rarement sur des questions liées à la gestion des affaires de l'Etat ", écrivait de lui le quotidien francophone El Watan en 2015. Après une carrière dans la presse d'Etat, notamment comme correspondant à l'étranger, il est élu député en 1977. Réélu deux fois, il préside pendant 10 ans la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée Populaire nationale.


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Ambassadeur d'Algérie en Arabie saoudite de 1989 à 1993, il est ensuite porte-parole du ministère des Affaires étrangères. En 1994, il est élu à la tête du Conseil national de Transition (CNT), deuxième Parlement transitoire mis sur pied pour pallier l'absence d'Assemblée après l'interruption des législatives de 1991-1992, que s'apprêtaient à remporter les islamistes du Front islamique du Salut (FIS).

Président par intérim

En 1996, Abdelkader Bensalah, réélu député, à la présidence de l'Assemblée populaire nationale. En 2002, nommé par le chef de l'Etat, au titre du "tiers présidentiel", au Conseil de la Nation, il en prend la présidence. Depuis, il a été systématiquement réélu tous les trois ans à ce poste qui lui confère la charge de l'intérim en cas de décès, démission, ou " empêchement " du président du fait d'une maladie grave et durable.

Comme en 2013, lorsque l'hypothèse d'un intérim était évoquée lors de la longue hospitalisation à Paris du président Bouteflika, victime d'un AVC, une polémique sur ses origines est récemment réapparue. Certains de ses détracteurs l'accusent d'être Marocain de naissance et d'avoir été naturalisé Algérien dans les années 1960, ce qui l'empêcherait d'assurer les fonctions présidentielles, même de façon intérimaire. Abdelkader Bensalah a toujours démenti et assuré être Algérien de naissance.


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Longtemps dans l'ombre, le voilà propulsé par la démission d’Abdelaziz Bouteflika à la tête de l'Etat algérien pour trois mois. Au cours de cette période, il va devoir organiser une présidentielle délicate, dans un pays théâtre depuis plus d'un mois d'une contestation inédite qui réclame le départ de l'ensemble d'un "système" qu'il sert avec dévouement depuis plus de 40 ans.

 

 

Sujet sur la démission d'Abdelaziz Bouteflika, dans notre JT 13h de ce 03 avril:

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