Deutsche Bank: quelle méthode de sauvetage appliquera l'Allemagne?

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Illustration - Deutsche Bank - © RTBF

La Deutsche Bank va-t-elle subir le même destin que la Banque Dexia ? Et, les contribuables allemands vont-ils devoir financer un éventuel renflouement de la Deutsche Bank ?

Théoriquement, ce scenario-là n’est plus envisageable car les règles ont changé en Europe.

Depuis le 1er janvier 2016, lorsqu’une banque est en situation de défaillance, ce sont les actionnaires et les créditeurs qui sont les premiers à passer à la caisse. C’est ce qu’on appelle le renflouement interne, le "bail in" en opposition au renflouement externe ou "bail out" appliqué dans le situation de Dexia.

Aujourd’hui lorsqu’une banque est dans le rouge, ce sont les actionnaires et les créditeurs, autrement dit les ressources internes des banques qui doivent couvrir au moins 8% des pertes des banques en difficulté.

Viennent ensuite les déposants qui seront sollicités en troisième ligne mais seulement pour les montants qui dépassent 100.000 euros par compte. En dessous de 100.000 euros, les dépôts sont garantis.

Actuellement, l’objectif est de faire en sorte que les contribuables européens ne soient plus les premiers à payer pour les erreurs des banques. Il faut éviter qu'une crise bancaire se transforme en crise des dettes souveraines. C'est une pièce maîtresse de l'union bancaire, un pare-feu mis en place par les Européens après la crise financière de 2008.

Un autre levier de sécurité est également prévu afin d’éviter que les finances publiques ne soient amenées à renflouer les banques. Il ne sera actionné que si les étapes précédentes ne sont pas suffisante. Il s’agit du fonds européen de résolution, créé ce premier janvier. A terme, d’ici dix ans, il sera doté de 55 milliards d’euros issus directement des banques.

Un précédent ?

Avant même son entrée en vigueur début janvier, les Européens avaient déjà utilisé un plan de sauvetage similaire. C'était en 2013 à Chypre.

Les deux plus grosses banques du pays, la Laïki et la Bank of Cyprus, étaient au bord de la faillite. La banque centrale chypriote a alors accepté que les dépôts de plus de 100.000 euros soient ponctionnés. Ce qui avait suscité la colère des épargnants chypriotes.

Cette procédure aurait également pu être utilisée fin 2015 pour renflouer quatre petites banques italiennes, plombées par des créances douteuses. Le problème, c'est que ces banques recueillaient les économies de nombreux petits épargnants et que les actionnaires étaient, eux aussi, des petits épargnants. D'ailleurs l'un d'entre eux a été retrouvé pendu chez lui après avoir perdu plus de 100.000€ dans le sauvetage de ces banques.

Ce qui devait être un exemple de bonne gestion d'une crise bancaire, s'est transformé en fiasco politique. Matteo Renzi, le président du Conseil italien a dû faire marche arrière et le gouvernement italien est finalement intervenu pour sauver les banques.

Cet été, la Banque Centrale Européenne a publié les résultats des tests de résistance de 130 banques européennes. Ils ont montré que plusieurs banques italiennes étaient dans le rouge. Échaudée par sa mauvaise expérience, Rome voudrait maintenant que le "bail in" soit mis entre parenthèse pendant quelques mois.

Les Allemands, eux, ne veulent pas en entendre parler. "On ne peut pas changer les règles tous les six mois" leur a rappelé Angela Merkel.

Quelle sera la méthode allemande pour renflouer la Deutsche Bank ?

Aujourd’hui, c’est bien l’Allemagne qui est confrontée à une banque en difficulté. Die Zeit, un journal allemand généralement bien informé, affirme que le gouvernement d'Angela Merkel travaille à un plan d'urgence pour renflouer la banque si nécessaire. Ce plan comprendrait une prise de participation de l'Etat allemand de 25% dans le capital de la banque.

Ainsi, l'Allemagne serait prête à fermer les yeux sur les toutes nouvelles règles européennes ?

Cette information a vite été démentie par le porte-parole du gouvernement, le ministre allemand des finances et par le patron de la banque.  Ce qui ne semble pas suffire pour faire taire les rumeurs.

On imagine bien que si les Européens ont du mal à faire appliquer ces règles pour des petites banques, il est difficile de croire qu'Angela Merkel et les autres dirigeants européens se désintéressent des difficultés d'un mastodonte comme la Deutsche Bank...

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