Quels sont les pays qui soutiennent l'Arabie saoudite?

Les autorités saoudiennes rencontrent régulièrement leurs homologues dans d'autres états
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Les autorités saoudiennes rencontrent régulièrement leurs homologues dans d'autres états - © Tous droits réservés

Sans surprise et malgré des déclarations de Donald Trump sur la mort de Jamal Khashoggi, les Etats-Unis sont et restent de grands alliés de l’Arabie saoudite. Une alliance historique qui trouve ses origines dans les années 30.

C'est en 1933 que l’amitié entre les deux nations est scellée par la création de l’Aramco, l’Arabian-American Oil Company. Elle produit du pétrole. A l'époque Washington et Ryad s'entendent pour détenir chacun 50% de l'entreprise.

Douze ans plus tard, entre en vigueur le Pacte de Quincy. A côté de l’aspect économique de la relation, ce pacte entérine la relation diplomatique entre les deux pays. Il est signé à bord d’un croiseur "Le Quincy" entre Franklin Roosevelt et le Roi Abdelaziz Ibn Saoud (qui vient de donner son nom à ce nouvel État de la péninsule arabique). Le "deal" est simple: les États-Unis protègent militairement le trône de la famille Saoud, (y compris si une insurrection populaire devait se produire) en échange, la famille régnante garantit aux États-Unis une réserve pétrolière permanente et sans risque de rupture de l’approvisionnement.

Ce pacte est aujourd’hui encore, après 73 ans, d’actualité. Les présidents américains se sont succédé, le pacte est resté. Signé pour soixante ans, "Quincy" a été reconduit par George Bush fils en 2005. Barack Obama réélu pour un deuxième mandat en 2013, a lui-aussi confirmé les liens entre les deux nations. Sa première interview post-réelection, il la donne à la télévision saoudienne Al Arabiya.

Donald Trump renforcera encore un peu plus les liens. En mai 2017, Les Etats-Unis et l'Arabie saoudite signent des accords d'une valeur de plus de 380 milliards de dollars, dont 110 milliards pour des ventes d’armements. "C'était une journée formidable, lancera le président Trump. Des centaines de milliards de dollars d'investissements aux Etats-Unis et des emplois, des emplois, des emplois".

Il n’y a pas que le pétrole et les armes qui unissent Washington et Ryad. Les Saoudiens sont aussi de gros investisseurs dans le secteur des nouvelles technologies. Notamment dans la Silicon Valley via le PIF, le Public Investment Fund of Saudi Arabia. Uber a ainsi reçu 3,5 milliards de dollars en 2016. Le fond investit aussi dans le constructeur de voitures électriques Tesla.

Et de son côté, le prince Al-Walid (petit-fils du roi Abdelaziz al-Saoud, fondateur de l’Arabie saoudite) choisit Twitter, Apple et Snap (maison-mère de Snapchat) pour faire fructifier ses affaires. Les contrats se sont dans les deux sens. Ryad ayant lancé son "Vision 2030" plan technologique censé transformer le pays en géant technologique et touristique, des entreprises comme Microsoft se ruent dans le royaume pour développer leur expertise.

 

Plus proche et de façon très logique, Riyad bénéficie de l’appui actif des Émirats arabes unis. Un pays "frère", en première ligne à ses côtés. Une véritable puissance militaire du Golfe. Les deux États sont incontestablement de grandes économies arabes et ils se sont accordés en juin 2018 sur un renforcement de leurs relations dans les domaines de l’éducation, du pétrole, de l’agriculture, de la sécurité alimentaire…. et de la défense. Mais les aspects militaires de cette alliance ne seront pas communiqués à la presse.

On sait pourtant que l’Arabie saoudite et les Emirats sont partenaires dans la coalition arabe qui se bat au Yemen. Ils sont aussi les acteurs principaux du boycott du Qatar Ce dernier ayant refusé de s’aligner sur les positions de ses voisins dans les différentes crises dans la région, il est sous le feu du boycott depuis le 5 juin 2017). Pour les observateurs internationaux, les deux princes héritiers, le saoudien MBS (Mohammed ben Salman) et l’Emirien MBZ (Mohammed ben Zayed) ont l’ambition de peser sur le destin de leur région.

La Russie est, elle aussi, un allié de Ryad.  Sous le coup de sanctions de l’occident (pour l’annexion de la Crimée), Moscou s’est rapproché des Saoudiens.  Et comme les deux Etats sont impliqués au Proche et Moyen-Orient (dans les conflits au Yémen et en Syrie), "les Russes et les Saoudiens ont des intérêts communs. En recommençant à produire comme avant les réductions de production, ils peuvent conserver leurs parts de marché et augmenter leurs revenus issus du pétrole ", a expliqué au journal Le Monde, Jean-François Seznec, consultant au Global Energy Center du think tank américain Atlantic Council.

Le 5 octobre 2017, la Russie et l'Arabie saoudite ont également signé un accord prévoyant l'achat par Riyad de systèmes de défense antiaérienne et antimissile mobile, des systèmes antichars, des lance-roquettes, des lance-grenades et des fusils d'assaut Kalachnikov.

Dernier allié et non des moindres, la Chine. Le pays prend de plus en plus la place des Etats-Unis. Pékin entend ainsi sécuriser son approvisionnement en pétrole et renforcer son rôle au Moyen-Orient. L’empire du Milieu (devenu premier acheteur du pétrole saoudien) serait même prêt à dépenser des sommes considérables pour prendre une part du capital de la Saudi Aramco (qui a succédé à l’Aramco, arabian-american oil company).

"L’Arabie saoudite fournit son pétrole à la Chine depuis des dizaines d’années et reste l’un des leaders des exportations d’or noir sur le marché chinois, résumait il y a peu Evgueni Satanovski, le président de l’institut russe du Proche-Orient, sur le site Sputnik News. Les Chinois s’installent quant à eux sur le marché saoudien où ils construisent des réseaux ferroviaires, des entreprises industrielles, des sites de dessalement d’eau et des centres commerciaux titanesques".

La Chine renforce enfin sa coopération militaire avec Ryad. Ces dernières années, Pékin a organisé plusieurs manœuvres dans la région. Mais l’apparition de bases militaires chinoise en Arabie saoudite semble peu probable, même si "la Chine en serait techniquement capable", affirme Evgueni Stanovski.

Ce dimanche, Ryad a reconnu une "erreur fondamentale" dans l'affaire Jamal Khashoggi:

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