Quelle promesse "troublante" Donald Trump a-t-il faite à un dirigeant étranger?

Donald Trump dit savoir qu'il est écouté lorsqu'il passe des appels téléphoniques.
Donald Trump dit savoir qu'il est écouté lorsqu'il passe des appels téléphoniques. - © MANDEL NGAN - AFP

Quelle promesse " troublante " Donald Trump a-t-il faite à un dirigeant étranger ? Cette question inquiète ces derniers jours à Washington et prend de l’ampleur. Un agent de renseignement qui a entendu la conversation téléphonique entre les deux chefs d’Etat a alerté l’inspecteur général du renseignement national.

La démarche est inédite à l’égard d’un président américain. Le contenu de la plainte reste flou. Le département de la Justice refuse de fournir les informations aux élus démocrates qui veulent en savoir plus. On sait que fin juillet, le président américain a eu une conversation téléphonique avec un dirigeant étranger, officiellement non identifié. Donald Trump aurait fait à ce dirigeant des promesses " troublantes ".

Une demande d’enquête sur son futur rival Joe Biden

Selon des élus démocrates, ce dirigeant pourrait être le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky. Donald Trump aurait fait pression pour que les autorités ukrainiennes ouvrent une enquête pour corruption contre l’ancien vice-président Joe Biden et son fils. Hunter Biden a travaillé pour un groupe gazier ukrainien à partir de 2014. Joe Biden est le favori à l’investiture démocrate, et donc le possible rival de Donald Trump pour la présidentielle de 2020.

Dans une interview à CNN, l’avocat de Donald Trump Rudy Giuliani a confirmé qu’il a été demandé à Kiev d’enquêter sur le fils de Joe Biden. Rudy Giuliani n’y voit pas une tentative du président d’utiliser sa position pour obtenir des informations privilégiées sur un adversaire politique. Dans un tweet, Rudy Giuliani justifie l’intervention : "un président qui dit au président élu d’un pays connu pour être corrompu qu’il ferait bien d’enquêter sur une affaire de corruption qui affecte les Etats-Unis fait son boulot"

"Harcèlement présidentiel"

De son côté, Donald Trump a dénoncé de nouvelles fake news de la presse et un "harcèlement présidentiel". "Quasiment à chaque fois que je parle au téléphone à un dirigeant étranger, je suis conscient qu’il y a de nombreuses personnes de différentes agences américaines qui peuvent être à l’écoute, sans mentionner celles de l’autre pays en question. Pas de souci !", a-t-il tweeté. "Sachant cela, peut-on être assez stupide pour croire que je dirais quelque chose de regrettable à un dirigeant étranger ?", a-t-il poursuivi.

Cet épisode vient alimenter le climat de méfiance qui règne entre la Maison blanche et la communauté du renseignement des Etats-Unis. Le locataire de la Maison blanche a souvent traité avec mépris ses responsables des services secrets. Il les accuse d’être " extrêmement passifs et naïfs ". " Ils devraient peut-être retourner à l’école ", avait-il un jour écrit sur Twitter.

Les analyses détaillées des agences de renseignement intéressent peu Donald Trump, qui préfère se fier à son instinct. Sur la Corée du Nord ou sur la lutte contre le groupe Etat islamique par exemple, Donald Trump a contredit ouvertement ses services de renseignement.

Aujourd’hui, le président de la commission du Renseignement à la Chambre des représentants accuse l’administration Trump de l’empêcher d’avoir accès à la plainte du lanceur d’alerte. La commission pourrait demander à la justice de forcer l’administration à divulguer le contenu de la plainte.

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