Quel futur pour l'Italie après le "non" au référendum ? Les différents scénarios

Renzi passera-t-il le relais à son ministre de l'Economie Pier Carlo Padoan(PD)?
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Renzi passera-t-il le relais à son ministre de l'Economie Pier Carlo Padoan(PD)? - © JOHN THYS - AFP

La démission attendue de Matteo Renzi ouvre une période d'incertitude politique en Italie. Conformément aux institutions, c'est le président de la République Sergio Mattarella qui devient maître du jeu. Plusieurs possibilités s'offrent à lui.

  • Renzi reste au pouvoir et met en place un nouveau gouvernement

Aussitôt après cette démission, que Matteo Renzi doit remettre lundi après un ultime conseil des ministres, Sergio Mattarella peut demander au président du Conseil sortant de former un nouveau gouvernement.

Ce Renzi bis devrait cependant obtenir la confiance du Parlement, soit avec sa majorité actuelle, soit avec une nouvelle majorité qui intégrerait le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi (centre-droit), comme ce dernier l'avait évoqué ces derniers jours.

  • Vers un gouvernement Padoan ?

Mais dans sa déclaration tôt lundi matin, Matteo Renzi semble avoir exclu une telle hypothèse. "Mon expérience de chef de gouvernement s'arrête là", a-t-il affirmé. Le score sans appel du non, qui frôlait dans la nuit les 60% selon des résultats partiels, éloigne aussi cette possibilité d'un "Renzi bis".

Le Président Mattarella peut alors nommer un nouveau chef de gouvernement ayant au préalable reçu le soutien de la majorité actuelle ou d'une nouvelle majorité élargie.

Ce serait l'hypothèse la plus raisonnable car il assurerait une certaine stabilité au pays et rassurerait les marchés. Á la barre, le ministre de l'Economie Pier Carlo Padoan (PD). Celui-ci, qui devait d'ailleurs se rendre à Bruxelles ce lundi, a fait savoir qu'il était "retenu en Italie".

D'autres noms circulent cependant parmi lesquels le président du Sénat, Pietro Grasso, ancien magistrat anti-Mafia. Ce gouvernement devrait être chargé de faire adopter le budget 2017 au Parlement, et de modifier la loi électorale, avant d'éventuelles élections anticipées. Il pourrait aussi décider de durer jusqu'à la fin de l'actuelle législature, en février 2018, au grand dam de certaines forces politiques qui appellent à des élections au plus vite.

  • Des élections anticipées ? Une solution (presque) aussi impossible qu'insensée

Reste la solution radicale, la dissolution immédiate du Parlement. Un scénario hautement improbable étant donné la récente réforme électorale qui, si elle offre une forte prime majoritaire pour la Chambre des députés, l'échec de la réforme constitutionnelle du Sénat y maintient le système proportionnel. Dans les faits, les deux chambres sont donc inconciliables et une majorité parlementaire quasi impossible. Le pays risquerait de s'embourber dans une situation de blocage à très haut risque pour sa stabilité. 

Mais le mouvement "5 stelle", donné gagnant dans les sondages en cas de scrutin majoritaire, souhaite aller aux urnes le plus vite possible, en réformant si nécessaire la loi électorale au Sénat pour l'aligner davantage sur celle de la Chambre des députés. C'est sans compter sur la plupart des autres forces politiques, majoritaires au Parlement, qui s'y refusent, pour éviter précisément une victoire du Mouvement Cinq Etoiles.

Elles préconisent plutôt de réformer la loi électorale à la Chambre des députés, dans un sens plus proportionnel. C'est au président Mattarella qu'il reviendra de décider du scénario final. Arbitre de cette situation, il devra s'assurer de l'existence d'une majorité pour former un gouvernement technique s'il veut éviter, comme beaucoup d'analystes le croient, des élections anticipées l'an prochain.

  • Un gouvernement de "techniciens", à l'image de celui dirigé par Mario Monti après Berlusconi 

L'Italie avec sa soixantaine de gouvernements différents depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale a, plusieurs fois par le passé, été dirigé par une équipe de "techniciens purs", sommités dans leurs domaines respectifs, parfois même apolitiques, et dont le but était de d'empêcher le pays de sombrer. Dernier en date, Mario Monti, appelé à la rescousse après l'ère Berlusconi.

Cette-fois, le scénario semble cependant peu probable, malgré le fait que Mario Draghi, le charismatique président de la Banque Centrale Européenne (BCE), était pressenti pour diriger ce gouvernement.  

La séquence du JT

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