Quel est le programme de la visite historique du pape François en Irak?

Le programme papal en Irak est aussi ambitieux que le voyage est historique. Durant sa visite de trois jours, le pape François parcourra près de 1650 kilomètres, principalement dans les airs. Il est d'abord attendu ce vendredi à Bagdad, dimanche à Erbil (Kurdistan irakien), où il doit célébrer une messe dans un stade. Il passera également par Mossoul, ex-bastion de l'Etat islamique dans le nord.  

Bagdad, l’attentat meurtrier dans la cathédrale Notre Dame du Perpétuel Secours

Vendredi matin, l'avion papal atterrira à Bagdad avec à bord quelque 150 personnes, pour moitié des journalistes. Il prononcera un discours en la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel secours dans le quartier central de Karrada à Bagdad.

Le 31 octobre 2010, des jihadistes d’Al-Qaïda y avaient mené la prise d’otages la plus sanglante contre des chrétiens d’Irak : 44 fidèles, deux prêtres et sept membres des forces de sécurité avaient été tués.

Aujourd’hui, les vitraux ont été remplacés par des plaques de verre portant les noms des victimes et au-dessus de l’autel un message proclame : "Où est donc ta victoire, la mort ?".

Les fidèles y sont de moins en moins nombreux, et les portes sont cachées derrière d’énormes blocs de béton.

Pour la venue du pape, ces derniers ont été repeints aux couleurs du drapeau irakien et d’immenses portraits du souverain pontife s’y étalent.

La sainte Najaf, une main tendue à l’islam

Dans une nouvelle main tendue à l’islam, le pape François visitera samedi Najaf, à 150 km au sud de Bagdad.

Vieille de 1230 ans, la ville est l’un des lieux les plus saints du chiisme car elle abrite le mausolée au dôme doré de l’imam Ali, gendre du prophète Mahomet et figure fondatrice de l’islam chiite.

Samedi, la ville sera l’hôte d’une rencontre au sommet. Le chef des 1,3 milliard de catholique du monde, le pape François, sera reçu par le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse de la plupart des chiites d’Irak et de nombreux chiites du monde, 90 ans.

L’homme, frêle et à la longue barbe blanche, n’a jamais été vu en public et ne reçoit que de très rares dignitaires dans sa maison spartiate. De quoi rendre cette "visite personnelle" plus solennelle et exceptionnelle.

Ur, pèlerinage sur la Terre natale d’Abraham

C’est le moment le plus spirituel et la raison pour laquelle le pape François tenait tant à venir en Irak. Ur, lieu de naissance du patriarche Abraham selon la Bible, est nommée "Ur des Chaldéens" dans le livre saint.

Dans cette ville située dans la province méridionale de Zi Qar, le pape priera samedi avec des musulmans, des Yazidis et des Sabéens, deux monothéismes nés avant la chrétienté.

Le principal monument d'Ur est la "ziggurat", structure pyramidale à plusieurs étages découverte dans les années 1930.

Mossoul et Qaraqoch, le berceau des chrétiens d’Irak après le passage de l’Etat islamique

 

La province de Ninive (nord) est le berceau des chrétiens d’Irak. Le chef-lieu de cette province, Mossoul, est resté pendant trois ans, jusqu’à 2017, sous le joug du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

A Mossoul, le pape François visitera dimanche l’église al-Tahira. Les premiers écrits la concernant remontent au XVIIe siècle mais selon certains historiens l’église aurait été construite jusqu’à 1000 ans plus tôt.

Les combats pour déloger les jihadistes en 2017 ont emporté son toit mais la porte royale à colonnades et les entrées latérales ont survécu.

L’Unesco la rénove actuellement, ainsi que plusieurs autres églises et mosquées du Vieux Mossoul.

Le pape se rendra le même jour à Qaraqoch, à quelque 30 km plus au sud. Cette localité est aujourd’hui majoritairement peuplée de chrétiens qui parlent une forme moderne d’araméen.

En grande partie détruite par l’Etat islamique, la ville est aujourd’hui sous tension en raison de la présence de nombreux groupes armés, rattachés à l’Etat.

Erbil, messe dans le stade football de Franso Hariri

 

Pour le pape François, Erbil, la capitale du Kurdistan irakien dans le Nord, sera peut-être l’une des plus agréables étapes. Dimanche, il y présidera une messe en plein air dans un stade pour laquelle des milliers de fidèles se sont inscrits.

Même si la ville d’Erbil est un bastion kurde, donc musulman, elle avait ouvert grand ses portes aux centaines de milliers de chrétiens, mais aussi de Yazidis et de musulmans, fuyant l’EI.

Carrefour urbain sous les empires sumérien et assyrien, Erbil est née il y a plus de 4.000 ans.

Sa citadelle, imposante structure anciennement fortifiée en haut d’une colline surplombant le souk de la ville, a été inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 2014.

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