Quel est le but de ce carré bleu ciel qui inonde Instagram ?

Un carré couleur bleu ciel se répand un peu partout sur les réseaux Twitter et Instagram, depuis ce jeudi 1er octobre. Cette action vise à soutenir les Ouïghours : peuple nomade turcophone de religion musulmane présent en Chine. Depuis 2014, l’État chinois enferme cette minorité dans des camps d’internements.

Le régime de Pékin nie les faits et donc cet enfermement de masse dans le Xinjiang, l’une des cinq régions autonome à l’ouest du pays et frontalière avec huit pays. Depuis plusieurs mois maintenant, la Chine est confrontée à peu de réactions de la communauté internationale mais une forte mobilisation populaire sur le web. Pourtant la problématique n’est pas neuve, elle s’est juste intensifiée au fil du temps et des témoignages qui parviennent à contourner le systématique contrôle médiatique et politique des autorités chinoises.

Cette action a pour objectif d’inonder Internet de carrés bleus le 1er octobre, date anniversaire de la République Populaire de Chine. Une idée qui vient de Raphaël Glucksmann, essayiste français et député européen : "Nous allons rendre visibles les millions de Ouïghours parqués dans les camps de concentration. Tous les jours. Partout. Voici notre plan de bataille. #FranceforUyghurs ", s’expliquait-il sur son compte Instagram lundi 28 septembre.

En réalité ce n’est pas seulement une action, mais plutôt une semaine d’actions afin de rendre inévitable la mise en lumière de la situation des Ouïghours. A travers des envois massifs de mail à l’ambassade chinois en France, des distributions de tracts, signer une pétition ou encore envoyer une charte de solidarité aux maires, Glucksmann célèbre un an de mobilisation envers cette cause.

Bien que l’État chinois soit particulièrement pointé du doigt cette fois, il n’est pas le seul incriminé. En effet, de nombreuses marques sont accusées de bénéficier du travail forcé du peuple Ouïghour. On trouve une liste de 83 entreprises dans un post datant du mois de juin, par l’eurodéputé.


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La Chine joue sur les termes et considère la situation comme "des centres de redressement" afin de lutter "contre un terrorisme islamique et déradicaliser". Une sourde oreille qui ne plaît pas et déstabilise les ambassadeurs chinois confrontés à des preuves vidéos par différents médias depuis plusieurs mois. Notamment à la télévision anglaise avec l’ambassadeur chinois à Londres sur le plateau de la BBC.

En revanche, les marques semblent lever le pied suite aux assauts à répétition des internautes. Lacoste et H&M se sont déjà engagés à stopper toute activité de production liée à cette minorité, tandis que d’autres comme Nike ou Zara refusent par négation ou omission.

La pression effectuée grandit de jour en jour, à en voir la popularité de Raphaël Glucksmann et ses presque 400.000 followers sur Instagram. Sur Twitter, l’action du carré bleu était en tendance l’après-midi du 1er octobre. Même si certains internautes dénoncent aussi le manque de réactivité à travers un unique soutien par un carré bleu ciel, les actions proposées par le français semblent trouver écho jusqu’au politique : le Val d’Oise a déjà rejeté toute forme de partenariat avec Huawei.

 

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Avons-nous conscience de ce que signifie être déporté et enfermé dans un camps de concentration? La vie interne de ces camps est régie par cet effroyable principe selon lequel « tout est possible ». Être privé de soin, de douche, de la moindre intimité jusqu’à être empêché de faire ses besoins : « tout est possible ». Être stérilisé de force, privé de nourriture, humilié : « tout est possible ». Être violé en groupe, frappé à mort, torturé : « tout est possible ». « Tout est possible » : voila la sourde angoisse avec laquelle se réveille chaque matin 3 millions de Ouïghours enfermés dans ces camps qui constituent le plus grand internement de masse du XXIe siècle. Le retour de ce nom - « camp de concentration » - dans nos vie et notre monde aurait dû susciter une indignation universelle. Elle n’a pas eu lieu et c’est à nous de la susciter. Un monde sans camp. Un monde de justice et de dignité : voilà ce que nous portons et voilà ce que nous continuerons à défendre. Coûte que coûte. Le combat continue!

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AUVIO : interview de Raphaël Glucksmann sur La Première

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