Quel avenir pour la Tunisie après le décès du président Essebsi ?

La dépouille du président algérien quitte l'hôpital militaire de Tunis pour le Palais présidentiel de Carthage
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La dépouille du président algérien quitte l'hôpital militaire de Tunis pour le Palais présidentiel de Carthage - © FETHI BELAID - AFP

Sept jours de deuil national ont été décrétés en Tunisie après l’annonce du décès du président Beji Caïd Essebsi. Des funérailles nationales sont prévues ce samedi en présence de plusieurs chefs d’Etat. Le président français Emmanuel Macron fera notamment le déplacement. Un peu partout dans le monde, les hommages se multiplient pour saluer le rôle joué par ce président, le premier président tunisien élu démocratiquement au suffrage universel en 2014. Le patron de l’ONU Antonio Guterres a salué son rôle "déterminant pour mener le pays avec succès vers la démocratie " et la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a déploré la perte d’un des dirigeants tunisiens "les plus compétents et persévérants […]". Berlin, Rome, Rabat et plusieurs monarchies du Golfe lui ont également rendu hommage. L’Algérie a décrété un deuil de trois jours, de même que la Mauritanie. Donald Trump a lui rendu hommage au "leadership phénoménal " de Béji Caïd Essebsi. "Le président Caïd Essebsi était un défenseur infatigable du peuple tunisien", a dit le président américain, cité dans un communiqué de la Maison-Blanche.

Son action politique

Béji Caïd Essebsi a joué un rôle clé dans la transition démocratique entamée par la Tunisie en 2011 après la chute de Ben Ali. L’accord de partage du pouvoir qu’il avait conclu entre son parti, Nidaa Tounes, et les islamistes d’Ennahda a permis de stabiliser la situation politique et d’éviter la dérive autocratique constatée dans d’autres pays touchés par le "printemps arabe". Néanmoins, et bien qu’il répétait que les droits de l’homme étaient l’un des acquis de la jeune démocratie, le président tunisien supportait mal les critiques venant notamment de certains médias. Par ailleurs, la place qu’il avait accordée à son fils au sein de son parti avait également fait polémique. Le président Béji Caïd Essebsi est décédé à quelques mois de la fin de son mandat en décembre.

La Tunisie demain

Dès l'annonce du décès du président, le chef du Parlement, Mohamed Ennaceur, 85 ans, a prêté serment pour assurer l'intérim conformément à la Constitution. Celle-ci prévoit que cet interim ne dépasse pas les 90 jours, soit jusqu'à fin octobre. Le premier tour de l'élection présidentielle devrait, plus que probablement, avoir lieu le 15 septembre. Beaucoup de Tunisiens ont souligné cette transition rapide alors que leur pays est le seul des Etats arabes touchés par les contestations de 2011 à poursuivre sur la voie de la démocratisation. Cela dit, la Tunisie a beaucoup de défis à relever. Attaques djiadistes, morosité économique, lutte des clans, ..., la transition démocratique reste fragile même si selon certains analystes, le décès du président ne devrait pas provoquer de bouleversement politique en Tunisie. 

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