Que peut-on retenir du débat des candidats à la présidence de la Commission européenne?

Que peut-on retenir du débat des candidats à la présidence de la Commission européenne?
Que peut-on retenir du débat des candidats à la présidence de la Commission européenne? - © ARIS OIKONOMOU - AFP

Un débat des candidats à la présidence de la Commission européenne s’est tenu mercredi soir au Parlement européen. C’était la première fois que les têtes de liste des six principales familles politiques européennes se retrouvaient sur un plateau de télévision. Que peut-on retenir de ce débat ?

1. La cible était le Parti populaire européen

Manfred Weber, candidat du PPE (parti populaire européen, conservateur), était la cible privilégiée des autres candidats. Ce groupe devrait, selon les sondages, attirer le plus grand nombre de suffrages. Mais son candidat a eu du mal à renvoyer les coups. Si tous les partis ont érigé la question climatique comme priorité, le PPE a, lui, insisté pour que la transition énergétique ne se fasse pas forcément au détriment des retraités ou des salariés de l’automobile.

Manfred Wever est apparu bien moins combatif que ses adversaires. Celui que l’on présente déjà comme un homme sans expérience ministérielle et sans beaucoup de charisme aura donc du mal à convaincre les dirigeants européens qu’il est le successeur de Jean-Claude Juncker et qu’il est l’homme de l’espoir, comme il aime à se présenter.

2. Le candidat socialiste a tenté de se refaire une virginité à gauche

Le candidat socialiste Frans Timmermans est souvent décrié comme étant trop libéral. Ici, il a visiblement tenté de se refaire une virginité à gauche en prônant par exemple la fin de l’austérité ou remerciant notamment le travail d’un certain Paul Magnette contre l’accord de libre-échange avec le Canada, le CETA.

3. La candidate libérale en retrait

La candidate libérale Margrethe Vestager est apparue légèrement en retrait, alors qu’elle est une pièce maîtresse de la Commission européenne actuelle. Commissaire en charge de la concurrence, c’est elle qui a par exemple fait condamner Apple pour ne pas payer ses impôts en Irlande. Et à la question de savoir s’il y avait encore des paradis fiscaux en Europe, elle a répondu par une jolie pirouette : « Un paradis fiscal serait là où tout le monde paierait ses impôts ».

Une pirouette qui peut à la fois satisfaire un électorat de gauche et de droite, à l’image de son positionnement lors du débat.

4. Un appel à la mobilisation… raté?

Face à la désaffection annoncée des bureaux de vote, plusieurs candidats ont lancé un appel à la mobilisation des électeurs. Un débat en anglais diffusé de façon plutôt confidentielle et essentiellement suivi par des téléspectateurs plutôt convaincus par les idées défendues fera-t-il vraiment grimper les taux de participation à ces élections européennes ? On peut en douter.

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