Que fait l'Europe pour lutter contre le dérèglement climatique ?

Students transport an inflated globe and a flag of the European Union through the streets during a "Fridays for Future" protest for urgent climate action on May 24, 2019 in Muenster, northwestern Germany.
Students transport an inflated globe and a flag of the European Union through the streets during a "Fridays for Future" protest for urgent climate action on May 24, 2019 in Muenster, northwestern Germany. - © GUIDO KIRCHNER - AFP

C’est une question qui préoccupe de plus en plus d’Européens. Pourtant, les dirigeants ont du mal à accorder leur violon. La neutralité carbone d’ici 2050 était à l’ordre du jour du dernier sommet européen ces jeudi et vendredi derniers à Bruxelles. Mais, les 28 Etats membres ne sont pas parvenus à se mettre d’accord. Quatre pays freinent des quatre fers: la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque et l’Estonie.

Quelles sont leurs craintes ?

Delia Villagrasa, experte en changement climatique et en politique européenne, ne voit pas, dans ces résistances, une crainte de la part de ces quatre Etats membres. Elle croit plutôt y déceler une stratégie nationale visant à valoriser certains secteurs économiques :

"Ils protègent les secteurs de l’énergie fossile. Ils disent qu’ils n’ont pas d’alternatives. Mais, la Pologne, jusqu’à présent, n’a rien fait pour pouvoir se passer du charbon. Pourtant, ils ont énormément de potentielle concernant l’énergie renouvelable… Et, en plus, le secteur du charbon est en train de décliner parce que c’est très cher. Ils importent du charbon en provenance de Russie, ce qui est particulièrement paradoxal… Leur argument d’indépendance énergétique, qu’ils avancent, ne tient plus. L’argument de l’emploi ne fonctionne pas non plus. En 1990, ils avaient plus ou moins 400.000 employés dans le secteur du charbon, contre 90.000 à l’heure actuelle. Trois quarts de ces emplois sont partis dans d’autres secteurs.", argumente Delia Villagrasa.

La Belgique, mauvaise élève

Il y a une quinzaine de jours, la Commission européenne a remis les bulletins énergétiques aux Etats membres. En règle générale, les plans Energie-Climat des 28 ne sont pas compatibles avec les engagements pris par les Européens lors des accords de Paris.

La Belgique est pointée du doigt. Le plan Energie-Climat, remis par le gouvernement belge, manque d’ambition, notamment, en matière d’énergie renouvelable. En l’état, elles ne représenteront même pas 20% de la consommation en 2030, alors que la Belgique tablait sur au moins 25%.

Pour Delia Villagrasa, la complexité du système institutionnel belge pose problème : "La Belgique n’a pas de loi climat. Pourtant, étant un petit pays, elle doit coopérer pour pouvoir atteindre des buts climatiques sérieux. Pour le moment, la compétence est encore régionale. Cette coopération est très difficile. On s’écroule sous le poids des procédures.", dénonce l’experte en changement climatique.

Découvrez l’intégralité de l’interview de Delia Villagrasa dans La Semaine de l’Europe sur Auvio.

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