Que dit le discours de la nouvelle présidente de la Commission européenne?

Newly elected European Commission President Ursula von der Leyen delivers a speech after a vote on her election at the European Parliament in Strasbourg, eastern France on July 16, 2019.
Newly elected European Commission President Ursula von der Leyen delivers a speech after a vote on her election at the European Parliament in Strasbourg, eastern France on July 16, 2019. - © FREDERICK FLORIN - AFP

Pour la première fois dans l’histoire de l’Union européenne, une femme va diriger la Commission. Elle s’appelle Ursula von der Leyen. Cette Allemande de 60 ans est médecin de formation, ex-ministre de la famille, ex-ministre de la défense à Berlin. Elle est polyglotte, parfaite francophone. Pour convaincre une majorité d’eurodéputés ce mardi, Ursula von der Leyen a fait de multiples promesses dans son discours. 

Egalité homme-femme :

La nouvelle présidente de la Commission européenne a ouvert son discours avec un symbole fort. Elle a rendu hommage à une pionnière de la politique européenne, Simone Veil. Et, elle ne s’est pas juste inscrite dans une lignée féministe. Elle a proposé du concret. La nouvelle présidente de la Commission européenne veut, par exemple, une parité homme-femme au sein de sa Commission. Selon Eric Maurice, responsable du bureau bruxellois de la Fondation Robert Schuman, la tâche s’annonce ardue :

"Ce sont les gouvernements qui proposent un ou une candidate pour être commissaire européen. La présidente peut, elle, refuser le ou la candidate. C’est ce qu’avait fait Jean-Claude Juncker. Il ne l’avait pas fait publiquement mais, on sait qu’il avait retoqué quelques candidats. Les gouvernements avaient du proposer quelqu’un d’autre. Pour l’instant, il y a environ 14 ou 15 commissaires, je crois, qui ont déjà été désignés. Il n’y a que 5 femmes donc, ça va être difficile et, puis, se posera aussi la question du profil politique. Elle va devoir trouver des candidats qui soient femmes mais, qui correspondent aussi aux priorités politiques et aux équilibres géographiques au sein de sa Commission", précise Eric Maurice.

Lutte climatique :

Le cœur de son discours, Ursula von der Leyen, l’a consacré au climat. Elle est plaidé pour une Europe neutre en carbone en 2050. Elle a annoncé l’élaboration d’un "green deal", d’un plan vert européen, dès les 100 premiers jours de son mandat.

Sans attendre jusque-là, elle appelle les Européens à réduire plus fortement leurs émissions de CO2 d’ici 2030. Aujourd’hui, l’objectif est une réduction de 40%. Elle prône d’aller jusqu’à 50%, voire 55%. Parmi les mesures vertes mises sur la table, il y a l’instauration d’une taxe carbone à l’entrée de l’Union, un investissement de 1000 milliards d’euros pour une économie verte via la Banque Européenne d’Investissement et la création d’un Fonds de transition pour les pays encore largement dépendants des énergies fossiles. Eric Maurice estime que le programme climatique de la nouvelle présidence est assez ambitieux :

"L’Europe a quand même une ambition que n’ont pas les autres parties du monde. Les Etats-Unis sont sortis de l’accord de Paris sur le climat. La Chine, qui reste engagée dans le respect cet accord de climat. On voit bien qu’au quotidien elle ne le respecte pas du tout. On essaie de garder le Brésil. Finalement, l’Europe non seulement continue à s’engager à respecter cet accord de Paris mais ,se pose des objectifs assez élevés, la neutralité carbone pour 2050 ce n’est pas rien. Cela veut dire changer complètement les modes de vie et les industries européennes. Il faut voir dans la compétition mondiale comment l’Europe peut porter cet objectif et, surtout ne pas s’affaiblir face aux autres puissances comme la Chine et les Etats-Unis", insiste le responsable du bureau bruxellois de la Fondation Robert Schuman.

Débloquer la crise migratoire :

La présidente de la Commission européenne avait également consacré une partie de son discours à la migration, avec une tonalité très personnelle. La ministre allemande avait évoqué sa rencontre avec un jeune migrant. 

Plus concrètement, Ursula von de Leyen propose, sans le détailler encore, un "nouveau pacte pour la migration et l’asile". L’objectif serait d’aider davantage des pays comme la Grèce et l’Italie. Cela fait plus de cinq ans que les Européens ne parviennent pas à s’entendre sur cette question. L’actuelle Commission s’est cassé les dents sur ce sujet. Que peut apporter Ursula von der Leyen ?

"D’une part, il y a une dimension politique et pratique dans ce débat sur la réforme de la politique d’immigration et d’asile. On sait très bien qu’il faut aider les pays comme la Grèce et l’Italie, qui par leur géographie seront quasiment toujours en première ligne. Il faut aussi voir comment on peut protéger les frontières parce que c’est une demande de certains Etats membres. Depuis un ou deux ans, on voit un glissement du débat en Europe. On est parti de la répartition des demandeurs d’asile. Puis, on est arrivé à cet équilibre entre asile, migration, politique extérieure et politique sécuritaire aux frontières. Et, aujourd’hui, elle ajoute quelque chose qui est peut-être l'angle psychologique qui a bloqué cette dimension politique et pratique", analyse Eric Maurice, le responsable du bureau bruxellois de la Fondation Robert Schuman.

Découvrez l’intégralité de l’interview d’Eric Maurice dans La Semaine de l’Europe sur Auvio.

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