Quatre morts retrouvés à bord du cargo Blue Sky M

La Stampa - Quatre morts et plus de 900 migrants à bord du Blue Sky M.
La Stampa - Quatre morts et plus de 900 migrants à bord du Blue Sky M. - © La Stampa

Le cargo Blue Sky M avec à son bord des centaines de migrants originaires de Syrie est arrivé cette nuit vers 3 heures, dans le port de Gallipoli en Italie, grâce à la marine italienne. Le cargo avait envoyé un signal de détresse hier à hauteur de l’île de Corfou en Grèce. Il était à la dérive, abandonné par son "équipage", probablement des trafiquants d’êtres humains. Les autorités grecques, après inspection avaient pourtant estimé que personne à bord n’était en danger.

L’image est cynique: cette photo de migrants sur le pont du cargo Blue Sky M, à l’arrière-plan, sur la taule l’inscription "Safety First", la "sécurité d’abord".

Pour Filippo Marini (porte-parole), la marine italienne a évité un désastre en escortant le cargo à bon port. Pour lui, le navire abandonné par son équipage allait, sans cela, se crasher sur les côtes italiennes.

Mais c’est bien d’un désastre dont on peut parler depuis que la Croix Rouge italienne a annoncé avoir retrouvé quatre morts sur le cargo.

D’où vient ce cargo ? On sait encore peu de choses de son parcours. Selon cet article de presse, un armateur roumain aurait vendu le cargo à syrien, il y a deux semaines.

Une Grèce qui "ferme les yeux "?

Dans la nuit de mardi à mercredi, des médias allemands, et l'agence italienne ANSA, entre autres ont rapporté que non seulement le Blue Sky M avait eu une défaillance mécanique, mettant en danger le cargo contre les intempéries, mais qu’il avait aussi subi un impact dans la zone de l’île de Leucade. Selon certaines informations, les six gardes côtes italiens qui ont embarqué sur le navire ont révélé qu'outre les dommages mécaniques, "l'équipage" avait quitté le navire, le laissant sur "pilote automatique".

Le Blue Sky M dont la destination était le port de Rijeka, dans le nord de la Croatie, avait changé de cap et se dirigeait droit sur la côte italienne. À la dérive, le cargo a été pris en charge par six garde-côtes italiens, déposés sur le pont du Blue Sky M en hélicoptère. Ils sont parvenus à redonner un cap au navire et à le faire accoster à Gallipoli.

A bord des centaines de réfugiés, dont beaucoup avec des problèmes de santé. Et une femme enceinte, sur le point d’accoucher. La plupart des migrants seraient syriens et kurdes.

Pourtant, le cargo, d'abord signalé en difficulté au large de l'île de Corfou, avait fait l'objet d'une inspection par les autorités grecques. Une frégate, un hélicoptère de la marine militaire et deux patrouilleurs de la police portuaire avaient été dépêchés à bord du cargo. Mais, après inspection, les autorités grecques déclaraient qu’il n’y avait aucun problème mécanique et rien de suspect sur le navire.

Tout cela alors que les médias grecs avaient indiqué que 400 migrants se trouvaient à bord du cargo. Cette information n’avait pas été confirmée par la police grecque. C'est évidemment la question principale dans l'aventure de ce cargo: les autorités grecques ont-elles fermé les yeux et refusé de porter secours à des migrants clandestins en danger?

Alors que les migrants syriens affluent régulièrement dans les Balkans par voie terrestre (via la Turquie, la Grèce puis la Bulgarie), cela faisait près de 20 ans qu’aucun passage maritime aussi important que celui du Blue Sky M n’avait été entrepris par des passeurs ou des migrants en Mer Adriatique.

Maxime Paquay

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