Quand l'empire Trump pratiquait la discrimination raciale

Quand l'empire Trump pratiquait la discrimination raciale
Quand l'empire Trump pratiquait la discrimination raciale - © SPENCER PLATT - AFP

L’empire immobilier est entaché par des accusations de racisme. Les faits, des discriminations raciales systématiques pour des locataires de couleur, datent des années 60 et 70. Ils sont révélés par le New York Times. Le quotidien américain a retrouvé l’une de ces personnes discriminées. Elle s’appelle Maxine Brown.

Cette infirmière de 33 ans avait tout de la locataire idéale pour habiter dans l’un des nombreux logements du géant de l’immobilier Trump sauf qu'elle dépose son dossier en 1963.  La loi sur les droits civiques – qui rend la discrimination illégale – n’a pas encore été adoptée et Monsieur Trump à l’époque, c’est Fred Trump, le père de Donald, celui qui, selon l’agent immobilier retrouvé par le New York Times, ordonne de laisser la candidature "dans un tiroir".

Le cas de Maxine Brown n’est pas isolé et les accusations se multiplient. En 1967, sur les 3700 logements que compte le " Village Trump ", seuls 7 sont occupés par des familles afro-américaines. Et la plupart d’entre elles, les ont obtenus de haute lutte.

Le jeune Donald Trump en première ligne

Alors que ces pratiques perdurent, le jeune Donald Trump assure de plus en plus de responsabilités dans l'entreprise familiale. Parmi elles : faire face aux enquêtes et poursuites judiciaires.

Déjà on reconnaît, le style Trump. " Absolument ridicule ". Voilà sa réponse quand, en 1973, il est poursuivi avec son père par le ministère de la Justice pour discrimination contre des personnes noires. L’héritier n’hésite pas à débourser 100 000 dollars pour intenter en retour un procès au ministère qui, disait-il, voulait le forcer à louer ses appartements "à des bénéficiaires d’aides sociales".

Il accuse même l’une des procureurs de mener " un interrogatoire digne de la Gestapo ". Après deux ans, il perd tous ses recours, et finit par signer une conciliation dans laquelle il n’admet aucune culpabilité mais s’engage à mettre fin à la ségrégation dans ses propriétés. Dans l’un de ses livres, il présente cet accord comme une victoire.

Campagne de séduction auprès des minorités compromise

Ces révélation tombent mal pour Donald Trump, d’autant plus que les minorités, en particulier les afro-américains, étaient la nouvelle cible de Donald Trump. " Il est temps de concurrencer les démocrates pour les électeurs Afro-américain et hispaniques ", assénait-il, il y a quelques jours lors d'un meeting.

Traditionnellement, le score du candidat républicain à la présidence auprès des électeurs afro-américains est très bas. Seuls 7% d'entre eux votaient pour Mitt Romney en 2012 (contre 91% pour Barack Obama). Le magnat de l’immobilier disposait donc, en théorie, d’une grande marge de progression. Elle était déjà très incertaine. Avec ces révélations, elle semble compromise. 

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