Séisme au Népal: plus de 1000 morts, le centre historique de Katmandou ravagé

"Le bilan des morts a atteint 688 jusqu'à présent à travers le pays", a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Laxmi Prasad Dhakal, actualisant un précédent bilan.

"A Katmandou, la mort de 71 personnes a été jusqu'à présent confirmée", a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère de l'Intérieur, Laxmi Prasad Dhakal. Quarante-trois autres décès ont été enregistrés dans la localité voisine de Bhaktapur, a-t-il ajouté.

"Des centaines de personnes sont probablement mortes dans plusieurs régions du pays, en particulier à Katmandou et à Pokhara", une ville touristique, a pour sa part indiqué Krishna Prasad Dhakal, le numéro deux de l'ambassade du Népal.

Le tremblement de terre s'est produit à 77 kilomètres au nord-ouest de Katmandou, où des murs se sont effondrés et des familles se sont ruées à l'extérieur des habitations, selon les médias.

"Autour de moi, les murs des maisons se sont effondrés dans la rue. Toutes les familles sont dehors dans la cour, blotties les unes contre les autres, les secousses continuent", a rapporté un journaliste de l'AFP à Katmandou.

La magnitude du séisme initialement évaluée à 7,5 a été ensuite revue à la hausse à 7,9, avec une profondeur de 15 km, selon l'USGS. Le tremblement de terre a frappé à 68 km à l'est de la ville touristique de Pokhara.

Selon les médias locaux, les secousses ont duré entre 30 secondes et deux minutes, et ont été ressenties en Inde voisine, jusqu'à la capitale, New Delhi.

"Nous sommes en train de réunir davantage d'informations et nous nous efforçons de venir en aide à ceux qui ont été touchés, chez nous et au Népal", a tweeté le Premier ministre indien.

Le centre historique de Katmandou ravagé

Un socle décapité, un nuage de poussière, des corps enfouis sous les décombres : les ruines de la grande tour Dharhara, monument du 19ème siècle, étaient samedi à l'image du centre historique de Katmandou.

Dans l'après-midi, la population et la police creusaient à mains nues la poussière et fouillaient les monticules de briques pour essayer désespérément d'en extraire des rescapés. Dharmu Subedi, 36 ans, qui se trouvait juste à l'extérieur de la tour au moment de la secousse, s'est soudain retrouvé enseveli. "C'était difficile de respirer mais j'ai réussi à me déplacer lentement dans les débris. Ensuite quelqu'un m'a tiré. Je ne sais pas où sont mes amis", déclare-t-il sur son lit d'hôpital.

Une équipe de secouristes était déployée sur le site de Dharhara. "Nous ignorons combien sont encore ensevelis", a déclaré le porte-parole de la police de Katmandou Dinesh Acharya. Un photographe de l'AFP sur place a recensé au moins une dizaine de cadavres retirés des ruines.

Edifiée pour la première fois en 1832, reconstruite après le tremblement de terre de 1934, et mesurant 50 mètres, la tour Dharhara était l'un des monuments majeurs du patrimoine de Katmandou, avec la place Durbar ou de la stupa Swayambunath. De couleur blanche et surmontée d'une flèche en bronze, Dharhara était particulièrement prisée des étrangers ainsi que des familles népalaises le week-end pour sa vue panoramique sur la vallée. L'édifice abritait un sanctuaire hindou dédié au dieu Shiva en son sommet.

Centre historique de Katmandou classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, la place Durbar, près de la tour, offrait le même spectacle de désolation. Plusieurs bâtiments s'étaient effondrés sur eux-même, déversant un torrent de briques et de planches sur la chaussée. Erigés par les rois Malla entre les 12ème et 18ème siècles, les édifices de la place Durbar constituent "une symbiose unique de l'hindouisme, du bouddhisme et du tantrisme", explique le site de l'UNESCO.

Dix morts dans l'avalanche du camp de base de l'Everest

La directrice du bureau de l'AFP au Népal, Ammu Kannampilly, a annoncé qu'elle était bloquée sur l'Everest dans le tremblement de terre. "Nous avons été pris dans le tremblement de terre sur l'Everest. Nous sommes tous les deux OK... Il neige ici, aucun hélicoptère ne peut arriver jusqu'ici", a écrit dans un SMS la journaliste de l'AFP en reportage à proximité du camp de base.

Deux alpinistes expérimentés ont raconté qu'un mouvement de panique s'était emparé du camp de base où se trouvaient de nombreuses équipes de grimpeurs, et qui a été "sérieusement endommagé". L'un d'entre eux a ajouté que le séisme avait aussi provoqué une "énorme avalanche".

Un autre alpiniste, Daniel Mazur, a précisé que son équipe était restée coincée au camp numéro 1, un peu plus haut dans la montagne, juste après le séisme. "Un puissant séisme a frappé l'Everest. Le camp de base a été sérieusement endommagé. Notre équipe est bloquée dans le camp n°1. S'il vous plaît, priez pour tout le monde", a-t-il tweeté. 

Des responsables ont fait état de dix morts dans l'avalanche du camp de base de l'Everest.

L'Everest avait été frappé l'an dernier par une gigantesque avalanche qui avait tué 16 guides et conduit à la fermeture de l'accès à la montagne.

Quelque 700 alpinistes se trouvent dans le district de Solukhumbhu où se trouve l'Everest, dont 300 devraient être retenus au camp de base, a indiqué le numéro deux de la police, Chandra Dev Rai. "Nous essayons de les atteindre, de voir s'ils sont en sécurité, mais les téléphones ne fonctionnent pas", a-t-il déclaré à l'AFP depuis la ville de Solukhumbhu que les alpinistes en route pour la montagne sont obligés de traverser.

A priori pas de Belges parmi les victimes

Le Service public fédéral belge des Affaires étrangères n'avait reçu samedi après 16 heures aucune information quant à une éventuelle victime belge. "La communication avec la région touchée est devenue encore plus difficile", a toutefois déclaré le porte-parole, Hendrik Van de Velde. "A Katmandou, il y a une panne d'électricité. Nous avons d'énormes difficultés pour atteindre notre consul honoraire", a-t-il précisé.

Les Belges détenant ou désirant des informations sur des proches ou connaissances se trouvant dans la région peuvent joindre les Affaires étrangères belges au 02/501.81.11.

Le ministère était également dans l'impossibilité d'établir le nombre de touristes belges qui séjournent pour l'instant dans la région.

L'aide internationale s'organise

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, a annoncé l'activation du dispositif gouvernemental d'intervention en cas de catastrophe, B-FAST : "J'ai déclenché la procédure" après avoir reçu une demande "assez générale" d'aide de la part du gouvernement de Katmandou, a-t-il affirmé à l'agence Belga en confirmant ne pas avoir connaissance de victime belge "à ce moment".

Selon Didier Reynders, des réunions d'évaluation vont avoir lieu dans les prochaines heures entre les spécialistes des départements ministériels concernés afin d'examiner si la Belgique peut répondre adéquatement à la demande des autorités népalaises.

Le dispositif B-FAST ("Belgian First Aid & Support Team") est piloté par le Service public fédéral (SPF) Affaires étrangères.

Les Etats-Unis ont d'ores et déjà annoncé l'envoi d'une équipe de secours et le déblocage d'une première enveloppe d'un million de dollars pour venir en aide au Népal, selon l'agence américaine d'aide USAID.

La Norvège a de son côté promis 30 millions de couronnes (3,5 millions d'euros) pour l'aide humanitaire. La France, l'Allemagne et la Chine se sont déclarées prêtes à offrir leur assistance.

RTBF avec agences

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