Puigdemont fusillé fictivement: Madrid déplore un simulacre d'exécution de l'indépendantiste catalan (vidéos)

Des dizaines d'hommes ont fusillé une poupée à l'effigie de l'indépendantiste catalan
Des dizaines d'hommes ont fusillé une poupée à l'effigie de l'indépendantiste catalan - © capture d'écran - Twitter

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Borrell, a condamné lundi l'exécution d'une effigie du dirigeant indépendantiste catalan Carles Puigdemont, brûlée et fusillée lors d'une fête de village dans le sud du pays, actuellement en pleine campagne électorale.

"Je rejette cet acte lamentable contre la figure de Carles Puigdemont à Coripe et les manifestations d'intolérance dont ont été victimes différents candidats dans cette campagne électorale", a écrit le ministre socialiste sur Twitter.

"Négatif pour la société"

Ce petit village situé en Andalousie organise traditionnellement le dimanche de Pâques un simulacre d'exécution d'une figure censée représenter "ce qui est négatif pour la société", baptisé "la mise à feu du Judas".

Or cette année, plusieurs hommes - dont des policiers municipaux - se sont acharnés à tirer des dizaines de fois sur un mannequin représentant l'ex-président indépendantiste, figure centrale de la tentative de sécession de la Catalogne en 2017, selon une vidéo diffusée par différents médias.

Une pratique espagnole courante

En Espagne, il n'est pas rare que des poupées - les "ninots" - représentant des personnalités finissent brûlées pendant des fêtes populaires. Mais cette fois, le faux Puigdemont a été mis à feu et fusillé une semaine avant les élections législatives du 28 avril. Tendue, la campagne, centrée notamment sur la question de la Catalogne, a été marquée par des insultes à l'égard de plusieurs candidats.

Le maire socialiste de Coripe, Antonio Pérez, a alimenté la polémique en déclarant: "C'est une fête et on fabrique une poupée qui représente le mal. Ce qu'on tue, c'est le mal. Point final". Mais il aurait continué à alimenter le brasier. "Ce personnage a été interprété par des milliers de politiciens, de banquiers, d'arabes, de toutes sortes de personnages...", a ajouté l'élu devant les caméras, déclenchant une vague de protestations sur les réseaux sociaux.

Carles Puigdemont, qui a fui en Belgique pour échapper aux poursuites de la justice espagnole, a remercié sur Twitter le ministre espagnol des Affaires étrangères pour sa condamnation. Il avait protesté dès dimanche en écrivant sur Twitter: "Ils n'ont pas voulu me fusiller et me brûler moi, ils ont voulu se moquer de la lutte pour la liberté des prisonniers et des exilés" indépendantistes catalans.

Allemagne: Carlos Puigdemont donne des livres catalans à la prison de Neumuenster, le 25 mars dernier:

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