Puerto Nariño: un village écologique au coeur de la forêt amazonienne

Un jour comme un autre sur le fleuve Amazone : la pêche et la vente du poisson sont au coeur de la vie.
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Un jour comme un autre sur le fleuve Amazone : la pêche et la vente du poisson sont au coeur de la vie. - © Pascale Sury

A tous ceux qui pensent que l’harmonie entre l’homme et la nature est derrière nous et qu’elle est impossible à conserver dans notre monde moderne, nous conseillons un petit détour par Puerto Nariño dans la forêt amazonienne, en Colombie.

Le voyage n’est pas de tout repos, c’est certain. Il faut impérativement prendre l’avion pour survoler la plus grande forêt du monde, le poumon et la plus belle réserve de biodiversité de la planète. Bogotá-Leticia, 2h30 de vol puis direction le port pour grimper à bord d’un petit bateau et mettre le cap sur Puerto Nariño, 2h plus loin sur les rives du fleuve Amazone.

Puerto Nariño est un petit village de 4500 habitants, paisiblement installé au coeur de la forêt. Une impression de bout du monde, le calme et la sérénité se dégagent immédiatement de cet endroit. Les pêcheurs travaillent autour de leurs petits bateaux, quelques femmes font la lessive dans le fleuve, les enfants jouent sur le terrain de foot sous les yeux de dizaines de locaux, sirotant un verre à l’ombre et mangeant des empanadas.

Puerto Nariño est habité par des communautés indigènes de trois ethnies différentes: les Tikunas, les Cocamas et les Yaguas. Et ils ont fait de cet endroit un modèle de village écologique. Les habitants de Puerto Nariño ont développé le concept de “green living” comme un art de vivre.

Ici, pas de moteur, pas de voiture, pas de moto… Seuls l’ambulance et le camion pour le recyclage sont autorisés comme véhicules terrestres motorisés. La ville est piétonne et l’unique moyen pour se déplacer sur le fleuve est le petit bateau à moteur. C’est du coup l’unique bruit que les habitants doivent supporter, l’air est plutôt bercé par les sons de la musique latino diffusée par de nombreuses maisons.

A chaque coin de rue, des “punto ecológico” rappellent qu’ici le recyclage et le tri sélectif sont une obligation. Des programmes de sensibilisation sont enseignés dès le plus jeune âge à l’école et de lourdes amendes sont imposées aux contrevenants. D’ailleurs, les habitants travaillent tous à la propreté du village et des volontaires participent régulièrement aux travaux de nettoyage. Les rues du “pueblo” sont extrêmement propres et bien aménagées, décorées de bacs de fleurs en bouteilles plastiques recyclées. De bonnes pratiques de gestion des déchets qui nous semblent normales vu d’Europe mais c’est loin d’être une généralité dans cette région du monde !

Si l’électricité provient de l’énergie fossile (un générateur fonctionne jusqu’à minuit), l’eau de pluie est récupérée pour la vie quotidienne: laver, jardiner,…

Jesus Armando Rivera est peintre, sculpteur et shaman. Il est venu s’installer ici pour être en connection avec la Pachamama, la Terre Mère. La nature, la vie écologique et le fleuve lui amènent la paix intérieure: “je suis arrivé ici il y a 14 ans, dans la forêt amazonienne. C’est clairement un processus de développement personnel avec la forêt, la Pachamama, le fleuve… tout est favorable ici ! Bien sûr, je reconnais qu’ici, c’est un paradis. Être connecté avec la Terre Mère, c’est déjà l’abondance pour le corps et l’esprit. Et donc je n’ai pas besoin de penser à l’argent".

Cette municipalité précieuse possède les plus beaux paysages que l’Amazonie puisse offrir. Et les habitants en sont conscients, ils ne vivent pas dans la nature mais avec la nature, alors, ils la préservent sachant pertinemment que c’est elle qui assure leur subsistance. La majorité des habitants ici vivent de la pêche et la forêt amazonienne leur donne aussi de quoi manger.

Ils sont fiers de leurs pratiques ancestrales et d’une réelle auto-suffisance grâce à la faune et la flore. L’argent n’est qu’un complément pour s’acheter du riz, du sucre ou des vêtements, par exemple. Robinson Peñia vit ici depuis toujours. Il a 28 ans, une femme, une fille de sept ans et un bébé. Il adore sa vie ici : “L’Amazonie, c’est très beau, très bon. Même plus, c’est un paradis ! Tu vas dans la forêt pour aller manger un fruit, une banane, une papaye. Alors la forêt peut tout te donner…oui ! Avoir beaucoup d’argent, ce n’est pas très important ici parce qu’on est auto-suffisant... pour tout, avec la faune et la flore !"

Puerto Nariño, c’est comme un retour aux sources, aux valeurs essentielles de l’existence. Comme la magie de s’endormir aux sons paisibles de la jungle.

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