Prisons au Panama: la grâce des confessionnaux

Prisons au Panama: la grâce des confessionnaux
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Le bruit typique d’une scierie, avec la poussière de bois qui volent dans le hangar. Nous ne sommes pourtant pas dans une usine comme les autres et les ouvriers ne sont pas des ouvriers comme les autres. Dans cette odeur parfois âpre de peinture, les hommes qui s’activent sont des prisonniers. Tous sont incarcérés à La Joya, une prison située à quelques trente kilomètres au nord-est de la capitale. Depuis plusieurs semaines, ils fabriquent des confessionnaux et rêvent de liberté.

La liberté au bout de la prière ?

En janvier prochain, le pape François sera en visite officielle dans le pays. Alors gratuitement et bénévolement, les prisonniers ont proposé de construire des confessionnaux pour l’occasion. En secret, ils rêvent d'un pardon ou d'une grâce.  

En musique, une trentaine de détenus s'activent. Certains coupent des planches, d'autres les assemblent pour donner forme à de petits isoloirs peints de couleurs vives et ornés d'une grande croix.

Environ 250 confessionnaux seront installés dans un parc de la capitale à l'occasion de la visite du souverain pontife pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), grand rassemblement catholique prévu du 22 au 27 janvier 2019.

Justino Hernandez est lui-aussi détenu à La Joya, c’est un fervent catholique de 62 ans. "Le plus important, c'est de lui dire que nous avons tous droit à une deuxième chance et à la liberté, qu'il nous donne la chance de sortir de cet endroit", explique-t-il, se disant prêt à demander le pardon du pape "autant de fois qu'il le voudra".

Même son de cloche pour Jesus Arguelles, un détenu de confession évangélique chargé d'assembler les isoloirs : "Cela m'a beaucoup plu. Pour être sincère, c'est comme apporter sa petite pierre à un immense édifice, un évènement mondial qui va se dérouler ici au Panama".

"Je sens que tout cela est un message de Dieu", ajoute Melis Guerrero, en découpant des planches.

Certains confessionnaux fabriqués par les détenus sont ouverts, destinés aux fidèles qui voudront s'entretenir avec le souverain pontife. D'autres sont fermés, spécifiquement dévolus à la confession.


Pas seulement des catholiques

Vingt-cinq après la visite de Jean-Paul II en 1983, la venue de François suscite une forte attente dans le pays, en grande majorité catholique.
La plupart des détenus participent pour la première fois à une telle initiative, mais le succès est tel que d'autres demandes sont arrivées à la prison : la construction de 70 points d'information qui seront utilisés pendant les cinq jours de rassemblement, et la fabrication de sacs de pique-nique pour les pèlerins.

Pour la sous-directrice de l'administration pénitentiaire, Sharon Diaz, " le nombre de participants au projet a dépassé les attentes. D'autant qu'il permet aux prisonniers de diminuer leur peine d'une journée pour chaque jour travaillé. Les détenus ont abordé ce travail pas seulement d'un point de vue personnel, mais aussi spirituel. Le plus surprenant, c'est que certains ne sont pas catholiques et, malgré cela, ils se sont enthousiasmés pour cette initiative et ont travaillé dur".

Luis Diaz est chargé de la supervision de l’atelier. Il confirme l’immense espoir que suscite la venue du pape pour les prisonniers. "Beaucoup pensent que le pape viendra les bénir, qu'il les regardera et reconnaîtra qu'ils ont fait un effort pour faire ce travail. Ils veulent montrer au pape qu'ils sont prêts à demander pardon, à se repentir. "


Sans vouloir casser leurs espoirs, Sharon Diaz, la responsable de l'administration pénitentiaire, rappelle cependant que toute grâce ou réduction de peine doit "se conformer aux dispositions légales du pays".

 

 

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