Racisme au palais, pensées suicidaires, mariage secret, prince Charles décevant : l'interview d'Harry et Meghan Markle

Le prince Harry a assuré que son épouse Meghan Markle et lui avaient fait "tout (leur) possible" pour rester au sein de la famille royale, dans une interview à Oprah Winfrey diffusée dimanche soir sur CBS aux Etats-Unis.

"Je suis triste que ce qui est arrivé soit arrivé, mais je sais […] que nous avons fait tout notre possible pour que ça marche", a-t-il affirmé. "Oh mon Dieu, nous avons tout simplement fait tout ce que nous pouvions pour les protéger", a ajouté Meghan Markle, à ses côtés. Le couple a annoncé en janvier 2020 qu’il renonçait à son rôle au sein de la famille royale britannique.

Il sait ce que c’est que la douleur

Le prince Harry a également dit se sentir "vraiment déçu" par son père, le prince Charles, estimant qu’il ne l’avait pas soutenu durant l’épreuve qu’il a traversée.

"Je suis vraiment déçu", a expliqué le duc de Sussex, "parce qu’il est passé par quelque chose de similaire. Il sait ce que c’est que la douleur", a-t-il dit racontant que le prince Charles avait même refusé, un temps, de prendre ses appels au téléphone. Harry a toutefois précisé qu’il parlait de nouveau à son père.

Prisonniers du système

Le prince Harry a affirmé par ailleurs que son père, le prince Charles, et son frère, le prince William, étaient "prisonniers" du système en tant que membres de la famille royale, une situation qui, a-t-il dit, lui inspire "beaucoup de compassion".

"Mon père et mon frère sont prisonniers" du système, a-t-il dit. "Ils ne peuvent pas le quitter", comme lui l’a fait après avoir réalisé qu’il était lui-même "prisonnier".

Mariage secret

Le prince Harry et l’ex-actrice américaine Meghan Markle se sont mariés en secret trois jours avant la grandiose cérémonie officielle suivie par des millions de personnes à travers le monde en 2018, a-t-elle révélé. "Trois jours avant notre mariage, nous nous sommes mariés", a affirmé la duchesse de Sussex, racontant qu’ils s’étaient dit oui devant l’archevêque de Canterbury, Justin Welby, avant la grand-messe du 19 mai 2018. "Personne ne le sait. Mais nous avons appelé l’archevêque, et nous avons juste dit 'Ecoutez, ce spectacle, c’est pour le monde, mais nous voulons que notre union soit entre nous'", a-t-elle dit à Oprah Winfrey.

Je ne voulais tout simplement plus être en vie

Meghan Markle a eu des pensées suicidaires lorsqu’elle vivait au sein de la famille royale, et n’a reçu aucun soutien psychologique malgré des demandes répétées, a-t-elle expliqué. "Je ne voulais tout simplement plus être en vie. Et c’étaient des pensées constantes, terrifiantes, réelles et très claires", a dit la duchesse mettant son état psychologique sur le compte de la couverture agressive des médias britanniques.

Elle dit être allée voir des membres de l’institution royale pour demander de l’aide et évoquer la possibilité d’une prise en charge médicale, "et on m’a dit que je ne pouvais pas, que ce ne serait pas bon pour l’institution", a-t-elle ajouté.

Un enfant et sa couleur de peau

L’ancienne actrice, qui est métisse, a également affirmé que des membres de la famille royale s’étaient inquiétés de la couleur de peau de son fils Archie avant sa naissance. Ils ont exprimé des "inquiétudes […] quant à savoir à quel point sa peau serait foncée", "ce que ça voudrait dire et à quoi cela ressemblerait", a-t-elle expliqué.

La duchesse de Sussex a également indiqué que le palais de Buckingham avait refusé d’accorder une protection à l’enfant et que des membres de l’institution estimaient qu’Archie ne devrait pas recevoir de titre de noblesse, bien que ce soit la tradition.

Presse

Harry a lui regretté que la famille royale n’ait pas pris position publiquement pour dénoncer ce qu’il considère comme une couverture aux accents racistes par une partie de la presse britannique.

Si l’Américaine de 39 ans a dénoncé une "vraie campagne de dénigrement" de la part de l’institution royale et dit ne pas s’être sentie protégée par la famille royale, elle a pris garde de ne pas attaquer personnellement des membres de la couronne.

Elle a simplement affirmé que, contrairement à ce qui avait été rapporté par la presse britannique, ce n’était pas elle qui avait fait pleurer Kate, la duchesse de Cambridge, mais que l’inverse s’était produit lors d’un incident survenu avant son mariage avec le prince Harry, en 2018. Elle a précisé que Kate s’était excusée peu après.

Enfin, le prince Harry et son épouse Meghan Markle ont levé un coin du voile sur leur nouvelle vie en Californie, "meilleure que tous les contes de fées que vous avez lus", selon la duchesse de Sussex. Oprah Winfrey a eu droit à une visite de la propriété de Montecito, le quartier de Santa Barbara où se sont installés Harry et Meghan. Dans ce quartier opulent au nord-ouest de Los Angeles, les époux ont déjà fait édifier un poulailler qui accueille des poules "sauvées" d’une ferme industrielle, selon Meghan Markle.

Nous sommes passés de l’autre côté

Selon le site du magazine Variety, les Sussex, qui ne perçoivent plus de dotation de la couronne, ont contracté un emprunt de 9,5 millions de dollars pour acheter cette maison, vendue 14,6 millions, où ils se sont installés en juillet. "Nous sommes passés de l’autre côté", après plusieurs mois de turbulences, et leur mise en retrait de la famille royale, aujourd’hui définitive, a expliqué Meghan Markle lors de l’interview.

"Nous n’avons pas simplement survécu, nous nous épanouissons", a ajouté l’ancienne comédienne de 39 ans. "Toutes ces choses que j’espérais se sont réalisées. Et, d’une certaine façon, ce n’est que le début pour nous".


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Meghan Markle est enthousiaste à l’idée de "pouvoir vivre de façon authentique", avec enfants, chiens et poules, loin de la pompe et du protocole du palais de Buckingham.

Harry s’est dit heureux de permettre à son fils (deux ans en mai), de pouvoir passer du temps à des plaisirs simples comme aller à la plage, toute proche, ou faire du vélo. "C’est quelque chose que je n’ai jamais pu faire quand j’étais jeune", a-t-il expliqué.

Le sens du devoir

De son côté, la monarchie britannique avait décidé de faire front face à la menace de cette interview-choc, offrant quelques heures avant l’intervention des Sussex l’image d’une famille unie lors des célébrations annuelles du Commonwealth.

Dans un discours télévisé préenregistré, la reine a souligné l’importance du "dévouement désintéressé et du sens du devoir" dont ont fait preuve les soignants durant la pandémie, un signe que certains ne manqueront pas d’interpréter comme une critique adressée au couple princier.

Une interview "cirque"

Selon une source proche de la reine citée par le Sunday Times, Elizabeth II ne comptait pas regarder l’interview de son petit-fils et sera médiatiquement plus présente la semaine prochaine pour montrer que la monarchie "se concentre sur des questions importantes".

Le journal indique aussi que des membres de la cour, qui n’ont pas hésité à qualifier l’interview de "cirque", se préparent à riposter "par de nouvelles révélations" sur le comportement du couple si la monarchie était attaquée.

Après avoir confirmé à la reine leur mise en retrait définitive de la famille royale, au terme d’une période d’observation, le duc et la duchesse de Sussex, mariés depuis mai 2018, ont perdu leurs derniers titres officiels en février.

Installé au Canada, puis en Californie, à Montecito, depuis mars, le duo a déjà résolument pris la tangente et capitalisé sur son image de couple moderne, mixte, tourné vers l’humanitaire, dans un pays où l’opinion leur est beaucoup plus favorable qu’en Angleterre.

Une interview à 7 à 9 millions de dollars

Depuis leur déménagement, les époux ont créé leur fondation, Archewell, et se sont notamment engagés à produire des programmes pour Netflix, moyennant 100 millions de dollars selon plusieurs médias américains, et des podcasts pour Spotify. A cela s’ajoute un partenariat annoncé avec la plateforme Apple TV +, en collaboration avec la présentatrice américaine Oprah Winfrey, qui dirigera l’interview de dimanche.

Le couple vaut de l’or et "Oprah" a vendu, selon le Wall Street Journal, cet entretien entre 7 et 9 millions de dollars à CBS, tout en conservant les droits à l’international, source de juteux revenus car une bonne partie de la planète attend ce rendez-vous télévisuel.
 

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