Primaires du New Hampshire, quelles sont les chances de Bernie Sanders ?

Tous les regards se tourneront vers le tout petit Etat du New Hampshire. Malgré son 1.3 million d’habitants, l’intérêt est grand suite notamment au total fiasco du comptage des votes dans l’Iowa la semaine dernière. Impossible d’imaginer un départ plus catastrophique, comme l'a expliqué Clément Pairot, lors de l’émission "Au bout du jour".

Que prédit l’échec du caucus en Iowa ?

Clément Pairot a suivi il y a quatre ans toute la campagne des primaires de Bernie Sanders au sein du parti démocrate. Il connaît donc très bien le fonctionnement de ce type d’élections. A propos du ratage complet des votes en Iowa, il précise : "L’Iowa, ce sont quelques dizaines de milliers d’électeurs sur 1500 points de vote. C’est 4 ans de préparation, 62% des résultats le lendemain tard et même à 100%, on n’est pas sûrs des résultats. Un peu comme en 2000 dans le face-à-face Georges W.Bush et Al Gore, quand on regarde un à un les bulletins, il y a des erreurs de calcul, de report, de nombre de délégués, d’arrondis,… c’est difficile de savoir quel chiffre est faux dans l’équation. Du coup on ne saura peut-être jamais les résultats de ce caucus. Il pèse une quarantaine de délégués, c’est n’est vraiment rien, 1% de l’ensemble des délégués qui reste à allouer mais il est symbolique."

Le parti démocrate est-il réellement capable de gouverner ?

Cet échec cuisant pose questions selon Clément Pairot : "Est-ce que le parti démocrate est apte à gouverner ce pays ? On n’a pas besoin d’aimer Donald Trump pour s’inquiéter de ce que les démocrates ne sachent pas tenir de manière saine une élection en interne." L’image désastreuse que cela a donné aux Etats-Unis mais aussi au reste du monde sera difficile à inverser.

"Cela jette un discrédit sur le début de campagne. Que les gens soient honnêtes ou pas, s’ils sont incompétents comme ils l’ont prouvé, ils n’ont pas besoin de faire des manigances pour que la démocratie en soit affectée. Loin d’être complotiste, le souci actuel c’est que l’Iowa fait peser sur l’ensemble de la suite de la primaire une image de flou, et quand la démocratie est flouée, elle est souvent dysfonctionnelle."

Une tendance générale

Le caucus organisé au New Hamphire est traditionnellement un caucus très analysé car il permet de dégager des tendances parmi les candidats qui comptent et qu’il permet aussi d’identifier rapidement les candidats incapables de se démarquer. Il a donc une valeur de marqueur de tendances. Et 14 des 17 élections présidentielles ayant eu lieu depuis les années 50 ont sacré des candidats sortis vainqueurs de la primaire de leur parti dans le New Hampshire. Aujourd’hui, il reste 11 candidats en course au sein du parti démocrate. Ici le vote aura lieu sur papier et les démocrates espèrent ainsi faire oublier les bugs du vote de l’Iowa.

Les sondages donnent Sanders gagnant

Le socialiste Bernie Sanders arriverait en tête selon plusieurs sondages (29% selon la moyenne de RealClearPolitics) suivi par Pete Buttigieg (21%), les deux hommes étant arrivés quasi au coude-à-coude lors du premier scrutin des primaires dans l’Iowa. Amy Klobuchar, sénatrice modérée de 59 ans arriverait troisième. Elle profite clairement de la chute amorcée par Joe Bidden qui n’a fini que quatrième dans l’Iowa. Il faut dire que Bernie Sanders n’a pas ménagé ses efforts dans le New Hampshire. "Ce qui va se passer ici aura d’énormes conséquences" a lancé le candidat hier soir lors de son dernier meeting. Des milliers de personnes y assistaient, il faut préciser qu’il a été précédé d’un concert des Strokes, célèbre groupe de rock américain qui a montré son soutien au sénateur.

Une nouvelle déchirure démocrate ?

On se souvient qu’en 2016, les candidats démocrates s’étaient déchirés pendant la campagne des primaires et on peut se demander si le même scénario pourrait se rejouer maintenant en 2020. Hillary Clinton a beau ne plus être candidate cette année, elle lance toujours des piques vers Bernie Sanders. Mais cela ne semble guère efficace jusqu’ici. Les démocrates, même les plus centristes pourraient jouer l’unité derrière Bernie Sanders face à Donald Trump selon Clément Pairaut. "Les tensions devraient être moins fortes qu’il y a 4 ans, on aura un parti démocrate plus unifié." Un élément malgré tout pourrait être crucial dans cette campagne, c’est le score que réalisera Michael Bloomberg. Il vient de faire une percée incroyable dans les intentions de vote au niveau national. Ce multimilliardaire arriverait troisième, derrière Bernie Sanders et Joe Bidden, un tournant spectaculaire selon Université de Quinnipac, qui a réalisé un de ces sondages nationaux. C’est d’autant plus étonnant que l’ancien maire de New York ne fait pas campagne dans les premiers états qui votent pour ces primaires durant le mois de février.

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