Primaire républicaine en Caroline du Sud: Donald Trump favori, Jeb Bush hors-jeu?

La primaire républicaine en Caroline du Sud va prendre place ce samedi 20 février. Dans cet Etat très important pour les républicains, le vainqueur du vote remporte toujours la nomination républicaine depuis 1980, à l'exception de 2012. Notre correspondante à Washington nous éclaire sur les enjeux de ce vote.

Quel est l’enjeu pour les candidats dans cet Etat, le premier Etat du Sud à voter ?

Sonia Dridi: "Le vainqueur de la primaire en Caroline du Sud est à chaque fois le nominé du parti pour la course à la présidentielle depuis 1980 à une exception près en 2012. Donc si Donald Trump l’emporte, il a de grandes chances d’être désigné lors d’une convention cet été. Le milliardaire new-yorkais est actuellement en tête des sondages en Caroline du Sud, avec 32% des intentions de votes loin devant Ted Cruz, le sénateur du Texas en 2ème position qui récolte 19% des intentions de vote.

Pourtant c’est un électorat qui ne lui est pas complètement acquis puisque les électeurs républicains en Caroline du Sud sont en à 60% des chrétiens évangéliques et 2 électeurs sur 10 sont des vétérans. Il y a d'ailleurs huit bases militaires dans l’Etat. Donald Trump n’a aucune expérience militaire et a divorcée trois fois et en plus n'est pas connu pour être très religieux… D'ailleurs hier soir lors d’un débat sur CNN, il a précisé qu’il ne fumait pas, ne buvait pas et qu’il n’aimait pas se quereller avec le Pape. Il tente clairement de séduire l’électorat évangélique".

Mais alors, qu’est ce qui attire les électeurs vers ce milliardaire controversé ?

"Hier une femme m’a dit: 'Trump dit ce que je n'ai jamais osé être dire. Avant je ne parlais pas de mes positions sur l’immigration illégale à cause du politiquement correct et désormais je le dis haut et fort'.

C’est vrai que de nombreux Américains adhèrent à la proposition de Trump de construire un mur à la frontière avec le Mexique. Pour beaucoup c’est le seul candidat honnête, il a l’image d’un homme à poigne loin des candidats policés de l’establishment de Washington.

Et puis beaucoup admirent son parcours, sa richesse et espère qu’il remettra sur pied l’économie du pays. Aux Etats-Unis, la classe moyenne souffre énormément pour le moment. Il y a beaucoup de gens qui prennent deux emplois pour s’en sortir et il y a un ras-le-bol général. C'est ce qui explique l’attrait pour un candidat comme Trump ou même comme Bernie Sanders, le candidat démocrate que beaucoup taxent de socialiste et donc à l’opposé du spectre politique. Une jeune femme en Caroline du Sud m’a dit hésiter entre voter pour Donald Trump ou Bernie Sanders... C’est vraiment les candidats qui reflètent le vote anti-système".

Au tout début de la campagne présidentielle, Jeb Bush semblait être le grand favori du parti républicain. Très vite il est apparu comme l’un des candidats les plus faibles…Il pourrait abandonner la course à la présidentielle s'il perd encore ce vote?

"La question se pose. C’est vraiment un moment très difficile pour le clan Bush. Jeb qui était présenté au départ comme le favori a très vite été dépassé par les autres candidats car il manque cruellement de charisme. Il a été l’objet de moqueries de la part de Donald Trump pour son manque d’énergie. Il est même dépassé par son poulain Marco Rubio, le sénateur de Floride. Pourtant c’est celui qui avait le plus d’argent, de donateurs à la base. S'il n’arrive pas dans les trois premiers lors de cette primaire, il risque clairement d’être en difficulté. Les donateurs vont peut-être se tourner vers d'autres candidats comme Rubio. Je ne pense pas qu’il va abandonner de suite car il a les moyens financiers de continuer mais la route est de plus en plus étroite.

Son frère l’ancien président Georges W. Bush est même venu en renfort cette semaine pour l’aider à faire campagne car il est encore très populaire en Caroline du Sud. Il a aussi retiré ses lunettes et mis des lentilles depuis quelques jours pour apparaître plus décontracté. Mais rien n’y fait. Il ne décolle pas dans les sondages. Ce sont les candidats moins traditionnels qui ont la cote et c’est pour cela que cette campagne est fascinante: elle est pleine de surprises et à l’heure de cette troisième primaire républicaine, difficile de dire qui sera le nominé du parti républicain".

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