Présidentielles américaines: Bloomberg propose 5000 milliards de dollars d’impôts sur les riches et les sociétés

Entré tardivement dans la course à l’investiture démocrate, le milliardaire Michael R. Bloomberg a dévoilé un plan qui permettrait de lever environ 5000 milliards de dollars de nouvelles recettes fiscales pour l’économie américaine. Ces nouvelles recettes proviendraient de taxes sur les plus hauts revenus et des entreprises et qui toucherait directement son propre portefeuille.

Sa proposition, détaillée dans le New York Times, comprend notamment l’abrogation des réductions d’impôts accordées pour les hauts revenus en 2017 par le président Trump, ainsi qu’une nouvelle taxe de 5% sur les revenus supérieurs à 5 millions de dollars par an.

Le plan prévoit également d’augmenter l’impôt sur les plus-values pour les Américains gagnant plus d’un million de dollars par an et limiterait certaines déductions fédérales d’impôts pour les taxes payées au niveau des États et des collectivités locales.

Il supprimerait aussi une déduction fiscale accordée par M. Trump aux patrons d’entreprises à hauts revenus qui ne sont pas organisées en sociétés. L’ancien maire de New York prévoit par ailleurs d’abroger partiellement les réductions d’impôt actuellement en vigueur sur le revenu pour les sociétés, faisant passer leur taux de 21% à 28%. Avant 2017, le taux maximum pour les sociétés était de 35%.

Par contre, ce plan ne soutient pas l’idée d’un "impôt sur la fortune" privilégié par plusieurs des candidats les plus progressistes dans la course, comme les sénateurs Elizabeth Warren et Bernie Sanders. Cet "impôt sur la fortune" a gagné en popularité auprès des électeurs, mais les conseillers de M. Bloomberg estiment qu’il pourrait être jugé inconstitutionnel, une inquiétude partagée par certains experts juridiques progressistes.

Son plan comprend plus de nouveaux impôts que celui de son rival Joe Biden, mais moins que Bernie Sanders ou Elizabeth Warren. Et la question de la redistribution des richesses est au cœur du débat démocrate. Le parti est traversé par deux courants, le social-libéralisme, qui s’inscrit dans la continuité d’Hillary Clinton, et un courant plus radical, qui s’affirme même comme socialiste.

5000 milliards pour financer soins de santé, logements et infrastructures

Au total, les conseillers de M. Bloomberg estiment que ces augmentations représenteraient jusqu’à 5000 milliards de dollars de nouvelles taxes réparties sur une décennie. Cet argent servirait à financer de nouvelles dépenses en matière de soins de santé, de logement, d’infrastructures et d’autres initiatives. Le montant avancé est supérieur de près de 50% aux augmentations d’impôts proposées par le favori le plus "modéré" de la course à l’investiture démocrate, l’ancien vice-président Joseph R. Biden Jr.

Les conseillers de M. Bloomberg ont déclaré qu’il était possible que le spécialiste de l’information économique et financière propose des mesures supplémentaires pour augmenter encore plus les recettes, en fonction de l’évolution de ses autres plans de dépenses intérieures. Ils ont ajouté que leur candidat ne prévoyait pas de consacrer de recettes à la réduction du déficit actuel de 1000 milliards de dollars, qu’il considère comme un problème à long terme mais pas immédiat.

Michael Bloomberg, un candidat à part

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La candidate démocrate à la maison blanche, Warren Buffet (à gauche) estime que Bloomberg (au centre) s’est "acheté" une place dans le débat démocrate. Bernie Sanders (à droite), déjà candidat à l’investiture démocrate en 2016, est lui aussi critique. © AFP/Getty Images

M. Bloomberg, neuvième fortune au monde avec plus de 50 milliards de dollars selon Forbes, dépense des centaines de millions de dollars de sa fortune personnelle pour participer à une course à laquelle il s’est engagé bien plus tard que ses principaux adversaires.

Le milliardaire continue de détailler son programme, alors même que ces adversaires participent aux premières primaires démocrates qui débutent ce lundi 3 février dans l’Iowa. Il prévoit plutôt de se concentrer sur les États qui tiendront leurs élections plus tard dans le calendrier de la primaire démocrate.


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Mais l’extrême richesse de M. Bloomberg a également fait de lui une figure de suspicion pour de nombreux démocrates, qui sont très préoccupés par les inégalités économiques. Certains de ses principaux rivaux dans la course à la présidence, dont M. Sanders et Mme Warren, l’ont accusé de chercher à acheter la Maison Blanche.

M. Bloomberg a tenté d’apaiser ces objections en partie en promettant de taxer davantage les personnes comme lui.

Pour montrer patte blanche, il s’est opposé à l’adoption des réductions d’impôts de Donald Trump en 2017, et le jour de son entrée dans la course à la présidence, il a demandé une augmentation des impôts sur les riches. Il a souligné cette position dans des publicités télévisées, mais jusqu’à présent, il n’a pas décrit en détail comment il chercherait à faire payer davantage les riches.

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