Présidentielle: les Brésiliens votent, Dilma Rousseff grande favorite

La principale incertitude du scrutin est de savoir si Dilma, comme l'appellent les Brésiliens, l'emportera dès le premier tour pour devenir la première femme à diriger ce pays de 193 millions d'habitants, devenu la huitième économie du monde.

Surnommée la "Dame de fer" quand elle était ministre chef du gouvernement (une sorte de Premier ministre) pour son caractère volontaire et autoritaire, elle a été emprisonnée pendant près de trois ans et torturée sous la dictature militaire (1965-1984).

Dilma, qui est candidate pour la première fois à une élection, était quasiment inconnue des Brésiliens il y a encore six mois avant d'être choisie par Lula.

L'écologiste et défenseur des Indiens Marina Silva, 52 ans, arrive en troisième position, avec 17% des votes exprimés, selon les instituts Ibope et DataFolha.

Un second tour aura lieu le 31 octobre, si aucun des candidats n'obtenait dimanche la majorité des suffrages exprimés. Dilma Rousseff l'emporterait alors avec quinze points d'avance sur José Serra, selon ces deux sondages.

Lula explose les scores de popularité

Dans la matinée, le président Lula a voté dans son fief de Sao Bernardo do Campo, dans la banlieue de Sao Paulo, accompagné de son épouse Marisa Leticia.

Devant la presse, il a "déploré", avec le sourire, ne pas faire partie de la course présidentielle pour le première fois depuis 1989, premières élections libres après la fin de la dictature. La Constitution brésilienne ne permet pas à Lula de briguer un troisième mandat consécutif en dépit d'une popularité qui atteint 85%.

Il a souligné que le Brésil "vivait un moment extraordinaire de consolidation de la démocratie" et de "maturité politique".

Le Brésil comptant trois fuseaux horaires, les premiers électeurs à se rendre aux urnes à 08H00 locales (10H00 GMT) ont été les habitants de la petite île de Fernando de Noronha, située dans l'Atlantique.

Les derniers bureaux, dans les Etats amazoniens du nord-ouest, fermeront à 21H00 GMT.

Les fortes pluies sur le sud-est, notamment à Rio, n'ont pas dissuadé les électeurs d'accomplir leur devoir, le vote étant obligatoire. Il se fait au moyen d'urnes électroniques utilisées jusqu'aux confins de l'Amazonie.

27 000 policiers à Rio

A l'ouverture du scrutin, aucun incident n'avait été rapporté. A Rio, l'une des villes les plus violentes du Brésil, près de 27 000 policiers ont été mobilisés.

Dilma a fait campagne sur le thème de la "continuité" avec Lula dont la politique a permis à des millions de Brésiliens de sortir de la pauvreté et au pays de connaître un boom économique.

Parmi les défis qui attendent le prochain président, celui-ci devra s'attaquer à la violence - une priorité avant la Coupe du monde de 2014 et les Jeux Olympiques 2016 - et à la corruption, améliorer l'éducation et la santé, investir dans les infrastructures et réaliser des réformes longtemps différées (retraites, système fiscal).

Les Brésiliens devaient élire, outre le président, les gouverneurs et les députés des vingt-sept Etats fédérés, et renouveler l'Assemblée nationale et les deux-tiers du Sénat.

Le président élu prendra ses fonctions le 1er janvier 2011.


AFP

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