Bruxelles : 3000 partisans de Benoît Hamon sont venus assister à son meeting

Benoît Hamon s'adressait aux Français de Belgique ce mardi
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Benoît Hamon s'adressait aux Français de Belgique ce mardi - © JOHN THYS - AFP

"La question de cette élection présidentielle, ce n'est pas quel président je voudrais être ou quel président les Français voudraient avoir. La vraie question, c'est quel peuple nous voulons être", a affirmé Benoît Hamon, le candidat socialiste à l'élection présidentielle française, mardi soir lors de son meeting à Bruxelles.

"Voulons-nous être belliqueux ou fraternels? Voulons-nous ouvrir la porte à ceux qui fuient la guerre et la misère? En fin de compte, quelle République voulons-nous?", a-t-il martelé sous les applaudissements des 3000 personnes réunies dans la salle de la Madeleine et une salle annexe, en plein cœur de la capitale belge.

Devant ce public acquis à sa cause, agitant de nombreux drapeaux européens, Benoît Hamon s'est d'emblée réjoui des "convergences" entre son programme et celui du PS belge, dont le président, Elio Di Rupo, avait pris la parole en début de soirée.

"Il est important de voir que nos projets convergent, au-delà de la légalisation du cannabis", a-t-il plaisanté avant de rendre hommage à Henri Emmanuelli, l'ancien ténor du PS français décédé la nuit passée. "C'était un homme qui comptait beaucoup pour moi et qui avait cette qualité rare à l'heure actuelle, celle de savoir passer le témoin. Il me manque et il nous manquera", a-t-il dit visiblement ému.

L'émotion était tout aussi palpable quand Benoît Hamon a appelé à une minute de silence en hommage aux victimes des attentats de Bruxelles et d'ailleurs "qui sont tombés sous les coups de barbares".

Le candidat a ensuite déroulé son programme, évoquant tour à tour la laïcité - "cette condition du vivre ensemble" -, l'établissement d'un visa humanitaire, l'environnement, les retraites, l'éducation ou encore le revenu universel, l'une de ses mesures phares qui concernera dans un premier temps 19 millions de Français.

Sur scène, Elio Di Rupo, le président du PS belge avait pris la parole peu après 19h30, devant de nombreux élus de gauche, dont Laurette Onkelinx, Yvan Mayeur, Marie Arena mais aussi, côté français, l'ancien ministre de l’Éducation et ancien candidat aux primaires de gauche, Vincent Peillon. L'eurodéputé d'EELV Yannick Jadot, qui s'est rangé derrière Benoît Hamon, et l'économiste Thomas Piketty étaient également présents.

 

"Le socialisme de l'espoir"

La victoire de Benoît Hamon, candidat socialiste à l'élection présidentielle française, sera celle "du cœur, des idées neuves et du magnifique idéal socialiste", a martelé Elio Di Rupo, en ouverture du meeting du socialiste français à Bruxelles. "Je suis venu exprimer mon soutien à Benoît Hamon. Un soutien fraternel mais aussi vigoureux et déterminé", a d'emblée affirmé Elio Di Rupo en évoquant la légitimité du candidat PS, qui est sorti vainqueur des primaires organisées par la gauche française, mais aussi son programme "de rupture".

"Une rupture franche avec l'austérité qui nous est imposée un peu partout en Europe", a souligné Elio Di Rupo, selon qui le programme de Benoît Hamon "concrétise un socialisme de l'espoir, qui a le mérite d'ouvrir des perspectives à toute une population et en particulier aux jeunes". "Benoît est du côté de la gauche qui assume ses responsabilités, une gauche de progrès effectifs et concrets, réalisables ici et maintenant". Ce qu'il propose est "très différent des incantations de la gauche dite radicale", a poursuivi le président du PS pour qui "il est essentiel" d'opposer une "alternative sérieuse" aux populistes tant d'extrême droite que d'extrême gauche.

"Nos visions de l'avenir de l'Europe sont proches", a encore souligné Elio Di Rupo en appelant à "briser le carcan des règles budgétaires européennes" tout en développant une "convergence fiscale entre les 27 pays membres, une stratégie fiscale et un vaste plan d'investissements pour soutenir notamment la transition écologique du continent". Sur l'Europe toujours, "il faut un salaire minimum européen et il est urgent de modifier en profondeur la gouvernance de la zone euro, une zone qui doit être consolidée et dont le contrôle démocratique des décisions doit être renforcé", a ajouté Elio Di Rupo. Selon ce dernier, les socialistes français et belges partagent également un idéal de société. "Nous voulons élargir le champ du possible, accorder des droits supplémentaires aux gens sans nuire à personne", a ainsi dit le président du PS belge. "Cher Benoît, tu portes aujourd'hui l'espoir du changement. L'espoir d'une politique régénérée, plus à gauche, plus généreuse, plus combative face à toutes les injustices. Je mesure la difficulté de la tâche, mais nous te soutenons de tout notre coeur et nous t'encourageons de toutes nos forces", a conclu Elio Di Rupo.

Crédité de 12% des intentions de vote dans les derniers sondages, Benoît Hamon a passé la journée de mardi à Bruxelles où il a notamment rencontré Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne.

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