Tous les agendas et les stratégies des candidats à la présidentielle d'ici le premier tour

Quelles sont les différentes stratégies adoptées par les candidats?
Quelles sont les différentes stratégies adoptées par les candidats? - © Belga

Il reste moins de deux semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle française. Chacun de leur côté, les candidats terminent une campagne qui pour certains a été plus que houleuse. Certains enchaînent les meetings et les interviews quand d’autres se font plus discrets. Quelles sont les différentes stratégies adoptées par les candidats?

Pour connaître l’agenda de François Fillon avant le premier tour, il suffit d’aller surfer sur son site de campagne. Après son discours parisien de ce dimanche, le candidat des Républicains s’apprête à donner une série de réunions publiques dans les grandes villes du sud du pays. Il sera mardi à Marseille, mercredi à Lyon, jeudi à Toulouse et vendredi à Montpellier. "François Fillon est clairement dans une logique de mobilisation de son camp et tient donc des meetings à un rythme soutenu, analyse Pascal Delwit, politologue à l’ULB. Il est vraiment dans une campagne agencée entre prestations médiatiques et grands meetings. Il a donc fait peu de sorties de proximité. On peut imaginer que c’est le contexte de sa campagne qui impose cela. Toute action de proximité peu cadrée risque de causer plus de tort que de bien".

Se montrer ou se préserver?

L’omniprésence de François Fillon tranche avec la stratégie de Benoît Hamon, le candidat socialiste n’a prévu (pour l’instant) que trois meetings pour la période qui court jusqu’au premier tour. "Certains candidats réservent des moments pour être bons dans les médias, explique Pascal Delwit. Si vous faites un gros meeting chaque soir, cela va vous prendre beaucoup de tension. Pour être performant en matinale, dans le JT du midi ou le soir en télévision, ce n’est pas si simple. Il faut donc trouver le bon équilibre entre la présence sur le terrain et le fait de ne pas apparaître épuisé ou mal à l’aise dans les interviews audiovisuelles".

Le candidat de "En marche!", Emmanuel Macron, sera en meeting ce mardi à Besançon et ce mercredi à Pau. "Sa stratégie est de tenir des réunions dans des espaces de moyenne importance", constate Pascal Delwit. A six jours du premier tour, le lundi 17 avril, il donnera tout de même son grand meeting à Paris Bercy. En décembre 2016, il avait rassemblé près de 15 000 personnes à la Porte de Versailles. "L’idée est de refaire l’actualité en fin de campagne autour d’un grand meeting". Il enchaînera avec deux meetings les 18 et 19 avril, le premier à Charleville-Mézières et le deuxième à Nantes.

Conforter son assise

Marine Le Pen, la candidate du Front National, annonce quant à elle toute une série d’événements sur son site officiel de campagne. Après sa visite à la Foire du Trône vendredi et son meeting houleux à Ajaccio samedi, Marine Le Pen donnera des réunions publiques à Arcis-sur-Aube ce mardi, à Pageas ce jeudi et à Perpignan ce samedi 15 avril. Là encore, selon Pascal Delwit, l’objectif est de conforter son assise dans les régions où les personnes votant FN sont nombreuses. "Marine Le Pen est présente à la fois dans l’est et dans le nord, mais également dans le sud. Marseille et Perpignan, où elle tiendra deux metings, sont deux grandes zones de force du Front National ". Elle donnera également un grand meeting au Zénith de Paris le 17 avril.

Après des meetings à Paris et Marseille, Jean-Luc Mélenchon va quant à lui éviter les trop longs déplacements en proposant un meeting holographique le mardi 18 avril dans six villes différentes: Clermont-Ferrand, Grenoble, Montpellier, Nancy, Nantes et Le Port à La Réunion. "La question qui se pose, c’est de savoir si la couverture médiatique sera de la même amplitude que la première fois parce qu’on est quand même sur du resucé, et si l’audience va suivre dans ces différentes villes", estime Pascal Delwit. Le candidat d’extrême gauche avait déjà donné un meeting holographique le 5 février dernier. Au-delà de ce meeting 2.0, le candidat de "La France insoumise" sera tout de même bien présent physiquement ce mercredi pour une réunion publique à Lille, ainsi que le dimanche 16 avril à Toulouse. "Le nord et le sud, deux espaces ou la gauche a été ou est importante", analyse notre expert.

Galvanisant et symbolique

Pour Pascal Delwit, les meetings de campagne présidentielle française sont importants de trois points de vue. "Le premier c’est que les gens qui viennent sont remobilisés, constate-t-il. Le deuxième, c’est la possibilité de diffuser quelques messages qui seront relayés dans les médias. Le troisième aspect est qu’aujourd’hui, soit via les chaînes d’info en continu soit via les réseaux sociaux, beaucoup de gens suivent les meetings sans y être physiquement, l’audience peut donc être énorme".

Mais il n’y a pas que les meetings. La présence dans les médias et les actes symbolique des candidats sont deux autres éléments importants. "Les médias permettent de transmettre les derniers grands messages forts qui peuvent faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre", observe Pascal Delwit. Concernant les actes symboliques, comme la présence de Benoît Hamon à Château-Chinon (ndlr : la ville dont François Mitterrand a été maire) ou la rencontre avec un ouvrier ou un agriculteur, "l’objectif est d’essayer via un geste symbolique ou une posture de proximité de marquer les quinze derniers jours de cette campagne".

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