Présidentielle française: de gauche à droite, qui soutient qui au second tour? (vidéos)

C'est le grand enjeu juste après l'annonce des résultats du premier tour : quelle sera la consigne de vote des candidats perdants et de leurs soutiens ? Certains ont déjà clairement pris position, d'autres laissent planer le doute... Tour d'horizon.

François Fillon l'a dit dimanche soir : "L'abstention n'est pas dans mes gènes, surtout lorsqu'un parti extrémiste s'approche du pouvoir." Le candidat Républicain votera pour Emmanuel Macron. "J'estime de mon devoir de vous le dire avec franchise et il vous revient en conscience de réfléchir à ce qu'il y a de mieux pour votre pays et pour vos enfants."

Il est soutenu dans ce choix par d'autres élus de la droite, tels Christian Estrosi, François Baroin, Laurent Wauquiez, Alain Juppé ou encore Xavier Bertrand.

Jean-Luc Mélenchon était amer dimanche soir après l'annonce des résultats. Il n'a pas donné de consigne de vote et s'en remet à ses militants. "Je n'ai reçu aucun mandat des 450 000 personnes qui ont décidé de présenter ma candidature pour m'exprimer à leur place sur la suite. Elles seront donc appelées à se prononcer sur la plate-forme et le résultat de leur expression sera rendu public."

Cette réaction tranche avec celle qu'il lançait après le 21 avril 2002, quand Jean-Marie Le Pen allait affronter Jacques Chirac. "Le 5 mai, il ne faut pas hésiter. Alors mettez des gants si vous voulez, des pinces ou ce que vous voulez, mais votez. Abaissez le plus bas possible Le Pen", déclarait-il alors.

Pour Benoit Hamon, "l'heure est grave". Dans son discours de défaite, il a appelé à "battre le plus fortement et le plus puissamment possible le Front National, à battre l'extrême droite en votant pour Emmanuel Macron." Le candidat socialiste ajoute : "Même si [Emmanuel Macron] n'appartient pas à la gauche et n'a pas vocation à la représenter demain, je fais une distinction claire, totale, entre un adversaire politique et une ennemie de la République."

Côté socialiste, les ténors du parti sonnent le ralliement autour d'Emmanuel Macron. Bernard Cazeneuve (Premier ministre), Manuel Valls (ex-Premier ministre et perdant de la primaire du parti), Jean-Marc Ayrault (ministre des Affaires étrangères) et Najat Vallaud-Belkacem (ministre de l'Education nationale), entre autres, invitent les électeurs à choisir le candidat du mouvement En Marche. Même son de cloche du côté de Jean-Christophe Cambadélis, le Premier secrétaire du PS.

Christiane Taubira, ex-ministre de la Justice votera aussi Macron. "Puis nous mènerons le combat pour les idées de vrai progrès aux législatives", a-t-elle écrit sur Twitter.

Nicolas Dupont-Aignan, crédité d'un peu moins de 5% au premier tour, fait monter les enchères. "Je réunirai en début de semaine les instances de mon parti et en homme libre le moment à venir, je ferai part de mon choix."

Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste, autour de 1% des voix selon l'AFP) ne tranche pas non plus. Pour lui, "Macron n'est pas un rempart contre le FN". Plutôt que de contrer Marine Le Pen dans les urnes, il estime qu'"il n'y a pas d'autre solution que de reprendre la rue".

Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière, 0,65% selon l'AFP) votera blanc "en rejetant le FN, mais sans croire que Macron est un barrage". Selon elle, "les travailleurs conscients doivent rejeter le vote Le Pen. Macron, banquier ministre, est tout aussi un ennemi de la classe ouvrière".

Jean Lassalle (1,21% selon l'AFP) ne donne pas de consigne à ses partisans. "Le peuple est souverain. 500 000 résistants se sont levés. C'est un formidable signal d'espoir pour la France et pour une certaine idée de la civilisation", a-t-il dit dimanche soir. François Asselineau (0,92% selon l'AFP) et Jacques Cheminade (0,18% selon l'AFP) n'ont pas non plus donné d'instructions en vue du second tour.

Et François Hollande ? Le président de la République a officiellement pris position en faveur d'Emmanuel Macron ce lundi après-midi. Il avait d'ailleurs appelé Emmanuel Macron dimanche soir "pour le féliciter".

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