Ce qu'il s'est passé lors du premier débat des cinq prétendants à l'Elysée (vidéos)

Le débat de lundi soir sur TF1 était un moment important dans la campagne électorale pour la présidentielle en France. Un débat marathon de 3h30 qui a réunis 5 poids lourds de la politique. Et pas les 11 candidats déclarés. Ce qui a été critiqué par plusieurs des prétendants présents: François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le pen, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron.

On a peu évoqué les casseroles 

Les déboires judiciaires de Marine Le Pen et de François Fillon n'ont, eux, donné lieu qu'à de très rares allusions.

L'évocation la plus explicite est venue de Jean-Luc Mélenchon qui n'a pas hésité à désigner les seuls candidats concernés par des affaires judiciaires en cours actuellement à savoir Marine Le Pen et François Fillon, dans un des rares moments à avoir suscité un peu de remous sur les réseaux sociaux.

Durant ces trois heures se sont opposées des visions différentes de la société, avec des programmes mais aussi des passes d’armes.

Le candidat du mouvement En Marche, Emmanuel Macron aurait été le plus convaincant selon un dernier sondage BFM TV. Alors que le socialiste, Benoît Hamon, arrive, lui, en dernière position.

90 secondes pour convaincre

Les cinq candidats ont eu 90 secondes chacun pour conclure la soirée. Tous en ont profité pour envoyer un double message, visant à la fois leur base électorale, mais également les Français au sens large.

Fillon, le candidat "sérieux"

Désigné par le tirage au sort pour prendre le premier la parole lors de ce tour de conclusion, François Fillon (Les Républicains) a avancé le sérieux de son projet, affirmant qu'il est le seul candidat capable de proposer l'alternance. "Entre la révolution des extrêmes ou la conduite par d'autres moyens de la politique de François Hollande, je suis le seul à vous proposer un vrai changement pour le redressement de notre pays", a-t-il déclaré, avant de concéder des "erreurs" et des "défauts". Une allusion évidente aux démêlés judiciaires dans lesquels il est empêtré en raison des soupçons d'emplois fictifs qui pèsent sur son épouse et deux de ses enfants.

Benoît Hamon: le "vote utile"

Benoît Hamon (Parti Socialiste) a quant à lui appelé les Français à opter pour "un vote utile". Il vise de cette manière les nombreux socialistes qui ont choisi de soutenir Emmanuel Macron ou qui hésitent actuellement à faire ce choix. Refusant un vote par défaut des Français, il leur a demandé de voter pour une "transition écologique", une "nouvelle protection sociale", une "Europe libérée du dogme de l'austérité", et une "République bienveillante".

Marine Le Pen: "L'Europe nous brime"

Marine Le Pen (Front national) a profité de ses dernières secondes de parole pour attaquer l'Union européenne, qui fut l'une des grandes absentes du débat. "Mes chers compatriotes, rendez-vous compte que la plupart des promesses faites ce soir ne pourront être mises en oeuvre car l'Union européenne nous cadenasse, nous interdit, nous brime!", a-t-elle lancé pour entamer sa conclusion. Estimant que l'ouverture des frontières est la principale raison des insécurités qui pèsent sur les Français, elle a agité le spectre de la baisse du pouvoir d'achat, des délocalisations et du chômage pour appeler les électeurs à lui laisser opérer les sorties de la zone Schengen et de l'euro avant un référendum sur l'appartenance de la France à l'Union.

Jean-Luc Mélenchon: "La chaîne de l'argent"

Parlant d'un monde qui traverse "une saison des tempêtes", Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) a scandé que la France ne peut affronter cette situation "pieds et poings liés par la chaîne de l'argent". "La cupidité doit céder la place à la vertu", a déclaré celui qui se donne également pour défi de "changer l'Europe sans la détruire".

Emmanuel Macron: "Ni de gauche, ni de droite"

Dernier candidat à s'exprimer, Emmanuel Macron (En Marche!) s'est posé en rassembleur, fidèle à son positionnement "ni de gauche, ni de droite". "Je souhaite profondément réconcilier les vues, car notre pays se divise bien souvent sur la peur", a-t-il lancé dans une allusion à peine voilée visant Marine Le Pen. Vantant une nouvelle fois la nature positive de son programme, assurant que "la France doit redevenir une chance".

Selon une enquête réalisée auprès de 1157 téléspectateurs âgés de plus de 18 ans pour le compte de BFMTV, Emmanuel Macron a été le candidat le plus convaincant, avec 29% d'avis favorables. Il devance Jean-Luc Mélenchon (20%), François Fillon et Marine Le Pen (tous les deux 19%) et Benoît Hamon (11%).

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