Grèce: élections anticipées fin janvier, le FMI suspend l'aide

Vue générale en date du 17 décembre 2014 du parlement grec à Athènes
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Vue générale en date du 17 décembre 2014 du parlement grec à Athènes - © Louisa Gouliamaki

Stavros Dimas, l'ancien Commissaire européen qui était le candidat du gouvernement grec à l'élection présidentielle, a définitivement perdu lundi l'élection devant le Parlement, ce qui implique que celui-ci sera dissous dans les dix jours, et que des législatives anticipées vont avoir lieu. La Bourse d'Athènes a cédé plus de 11% après ce résultat, les marchés redoutant une arrivée au pouvoir du parti de gauche radicale Syriza. Le FMI a suspendu le plan d'aide jusqu'à la formation d'un prochain gouvernement.

Le versement de la prochaine tranche d'aide à la Grèce est suspendu en attendant la formation d'un nouveau gouvernement qui suivra les élections anticipées de la fin janvier annoncées lundi par Athènes, a indiqué le Fonds monétaire international.

Les discussions sur ce versement, effectué conjointement avec les autorités européennes, "reprendront une fois qu'un nouveau gouvernement sera en place" à Athènes, a indiqué le porte-parole du FMI, Gerry Rice, dans un très bref communiqué.

De son côté, le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a réagi en appelant les électeurs grecs à soutenir les réformes "favorables à la croissance" lors des législatives .

"Un engagement fort envers l'Europe et un large soutien de la part des électeurs et des dirigeants politiques grecs envers le nécessaire processus de réformes favorables à la croissance sont essentiels pour que la Grèce prospère à nouveau au sein de la zone euro", écrit-il dans un communiqué.

Le fait que le candidat du gouvernement grec, Stavros Dimas, n'ait pas été élu à la présidence est un revers pour la Commission. Une de ses porte-parole avait déclaré début décembre que le choix de Stavros Dimas "un ancien commissaire européen et un Européen convaincu", était "un signal fort à l'Europe".

Pierre Moscovici, qui s'est rendu à Athènes ces dernières semaines, n'a pas rencontré Alexis Tsipras, favori des électeurs et chef du parti anti-austérité Syriza, expliquant que son voyage était "une visite de travail en tant que commissaire européen auprès des autorités grecques". "Le peuple grec va choisir son destin. Nous ne devons pas influencer, mais une fois de plus il est logique que nous parlions avec les personnes légitimes qui font et pensent comme nous", avait-il affirmé.

Opposition à l'austérité

Stavros Dimas, qui devait réunir 180 voix sur son nom lors de ce troisième et dernier tour, n'en a réuni que 168, soit exactement le même score qu'il y a six jours au deuxième tour (après 160 au premier tour).

Avec ce vote, les Grecs signifient leur opposition, moins à Stavros Dimas qu'à la poursuite de la politique d'austérité qui pèse depuis quatre ans sur les Grecs, sous l'égide du gouvernement de coalition droite-socialistes du conservateur Antonis Samaras.

Le Parlement sera dissous dans les dix jours, et des élections législatives auront lieu, le 25 janvier.

Des élections qui effraient les partis au pouvoir. Le ministre des Finances Guikas Hardouvelis avait brandi dimanche le spectre de la ruine des petits épargnants, sous couvert de rassurer : le gouvernement "se prépare à affronter tous les remous", a-t-il dit, il est bien armé grâce "à ses lois sauvegardant l'épargne" des Grecs, à "ses relations constantes avec les autres états membres de l'UE", et sa manière de rester "en alerte et vigilant".

Une manière de décrire avec emphase l'arrivée du parti Syriza d'Alexis Tsipras comme un risque majeur, même si la période n'est pas forcément propice aux grands bouleversements : la Grèce, qui espérait en finir cette fin d'année avec la troïka de ses créanciers (UE, FMI et BCE), engagés depuis 2010 à lui fournir 240 milliards d'euros de prêts en échanges de réformes drastiques, a dû en effet accepter un allongement jusqu'en février des programmes d'aide.

Samedi, dans une interview au quotidien Bild, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a prévenu que "de nouvelles élections ne changent rien à la dette grecque (175% du PIB, ndlr). Chaque nouveau gouvernement doit respecter les accords pris par ses prédécesseurs", a-t-il lancé à l'adresse de Syriza qui souhaite en effet une réduction de cette dette.

L'économiste Jésus Castillo, de Natixis, pense cependant que les "propos d'estrade" de Alexis Tsipras feront place au "réalisme" s'il est élu. Le leader de Syriza vient d'ailleurs de s'engager à ne pas agir de manière "unilatérale" sur la dette.

La Bourse d'Athènes chute

La chute de la Bourse d'Athènes s'est spectaculairement accélérée lundi, l'indice général cédant plus de 11% après l'échec du candidat du gouvernement à l'élection présidentielle.

L'indice général, qui évoluait déjà à -8% environ avant le vote, a cédé plus de 10% pendant le scrutin, quand les cambistes ont eu la confirmation, en entendant les députés voter un à un, que l'ancien Commissaire européen Stavros Dimas ne pourrait pas l'emporter.

La Bourse a finalement terminé dans le rouge, à -3,91%,

Vers 12H00 (11H00 GMT), le taux d'emprunt à 10 ans de la Grèce bondissait à 9,550% contre 8,501% mercredi à la clôture sur le marché secondaire où s'échange la dette déjà émise.

 

Les explications de Daniel Fontaine, après le vote:

 

Notre reportage:

RTBF avec AFP

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