Présidentielle en Biélorussie : l'UE demande un décompte "exact" des votes et condamne la répression

Suite aux soupçons de fraude émis par l’opposition dans les résultats de l’élection présidentielle de Biélorussie, qui donne le président Alexandre Loukachenko largement vainqueur, l’Union européenne a demandé un décompte "exact" des votes.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a condamné lundi la répression en cours au Bélarus et réclamé un décompte "exact" des votes exprimés pour la présidentielle. "Le harcèlement et la répression violente des manifestants pacifiques n'ont pas leur place en Europe. J'appelle les autorités du Bélarus à veiller à ce que les votes de l'élection d'hier (dimanche) soient comptés et publiés avec exactitude", a-t-elle demandé dans un message sur son compte twitter.

Dans un communiqué, le Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères Josep Borrell a dénoncé "l'usage inacceptable et disproportionné de la force contre des protestataires pacifiques", appelant à une libération immédiate de toutes les personnes arrêtées ce dimanche soir.

"Nous continuerons à suivre de près l'évolution de la situation afin d'évaluer la manière dont l'UE pourrait mieux orienter sa réponse et ses relations avec le Bélarus compte tenu de l'évolution de la situation", a-t-il averti.

"Sérieux doute"

L’Allemagne s’est également exprimée, émettant de "sérieux doutes" sur ces élections. "Nous avons de sérieux doutes concernant le déroulement et le caractère démocratique de ce vote", a déclaré Steffen Seibert, le porte-parole d’Angela Merkel, estimant que les "standards démocratiques minimum pour une élection n’ont pas été garantis". Le gouvernement allemand a par ailleurs condamné "l'usage de la force contre des manifestants pacifiques à Minsk et dans d'autres villes du pays".

L’Union européenne, ainsi que d’autres pays comme la Pologne et la Lituanie, ont condamné la violente répression policière lors des manifestations massives ayant eu lieu dimanche soir, après l’annonce des résultats de sondage. Selon le ministère de l’Intérieur biélorusse, 3000 personnes ont été arrêtées, des dizaines blessées. Une ONG biélorusse parle également d’un mort, ce que les autorités officielles démentent. De nombreuses images et vidéos circulent sur les réseaux sociaux, illustrant la violence des représailles policières.

La Pologne appelle à un sommet extraordinaire de l’UE

La Pologne a appelé lundi à un sommet extraordinaire de l’Union européenne sur la situation au Bélarus.

"Les autorités ont fait usage de la force contre leurs citoyens réclamant un changement dans le pays. Nous devons soutenir le peuple bélarusse dans sa quête de liberté", a déclaré dans un communiqué le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki.

Mateusz Morawiecki a annoncé avoir écrit à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ainsi qu’au président du Conseil de l’UE Charles Michel pour demander un tel sommet. "La violence contre les manifestants n’est pas la solution", a de son côté tweeté Charles Michel. "La liberté d’expression, la liberté de se réunir, et les droits humains fondamentaux doivent être respectés".

Dans un communiqué commun dimanche, les présidents polonais Andrzej Duda et lituanien Gitanas Nauseda ont enjoint à la Biélorussie de "reconnaître et de respecter pleinement les critères démocratiques fondamentaux" dont la liberté d’expression.

"Nous sommes convaincus qu’une coopération plus étroite avec l’Union européenne est dans l’intérêt du Bélarus […] et nous nous tenons prêts pour continuer à apporter plus de soutien au Bélarus dans l’approfondissement de ses relations avec la famille européenne unie", ont-ils soutenu.

La Biélorussie est bordé par la Russie à l'Est, l'Ukraine au Sud et des États membres de l'UE comme la Pologne à l'Ouest ainsi que la Lituanie et la Lettonie au Nord.

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