Présidentielle au Brésil: soupçons de fraude sur fond de réseaux sociaux

Fernando Haddad, candidat du PT
Fernando Haddad, candidat du PT - © commons.wikimedia.org

Fernando Haddad est furieux. Le candidat du PT, Parti des travailleurs (et dauphin désigné de l’ex-président Lula incarcéré pour corruption) affirme que son rival à la présidentielle du 28 octobre prochain, Jair Bolsonaro a organisé une campagne de désinformation sur les réseaux sociaux à l’aide de l’argent des entreprises.

L’information a été diffusée par la Folha de Sao Paulo, quotidien sérieux et largement diffusé au Brésil. L’enquête menée par les journalistes affirme que le candidat d’extrême-droite aurait payé des entreprises pour qu’elles diffusent sur la messagerie WhatsApp une campagne vantant ses mérites et discréditant le PT. Des centaines de milliers de messages auraient ainsi été publiés à l’aide de compte factices.

Les sociétés incriminées auraient dépensé jusqu’à 12 millions de réais (soit 2,8 millions d’euros) chacune pour faire diffuser ses messages à caractère politique via l’application. Parmi les entreprises acheteuses figurerait, Havan, une chaîne d’électro-ménagers détenue par Luciano Hang, fan inconditionnel de Jair Bolsonaro. L’homme s’était récemment illustré en diffusant une vidéo à ses employés leur expliquant qu’en cas de victoire de la gauche, il mettrait la clé sous le paillasson et ne créerait plus d’emplois.

Interrogé par O Brazil feliz de Novo, Fernando Haddad a déclaré : "Mon adversaire, Jair Bolsonaro, a créé une organisation criminelle avec des sociétés, de l'argent sale, qui sponsorise des messages mensongers via WhatsAp". Le candidat socialiste a aussi affirmé sur les ondes de la radio qu’il avait des témoins ayant entendu Jair Bolsonaro demander à des chefs d’entreprise de financer cette campagne. "Il revient au TSE (tribunal supérieur électoral) de prendre des mesures", a-t-il lancé lors d’un entretien à la radio Globo. "Il faut convoquer WhatsApp immédiatement, car tout le monde parle d’une nouvelle commande de messages contre ma candidatureprévue pour la semaine prochaine", a-t-il ajouté.

Fake News 

"La Folha de Sao Paulo, toujours la Folha de Sao Paulo. Un journal qui, réellement, s’enfonce de plus en plus dans la boue (…), a réagi Jair Bolsonaro dans une vidéo mise en ligne sur Facebook. Nous n’avons pas besoin de fake news pour battre Haddad, les vérités suffisent. Tous se souviennent des treize ans du PT [au pouvoir de 2003 à 2016], de caisses noires, de corruption généralisée." 

Poursuites exigées

"Le problème des fake news était déjà très grave. L’achat et l’envoi en masse de fake news contre le PT, c’est encore d’un autre niveau. C’est un crime. De l’abus de pouvoir économique. Nous allons demander l’annulation des élections", a expliqué au quotidien O Globo Carlos Lupi, président du PT. Les avocats du parti ont saisi la justice ainsi que la police fédérale. Ils réclament une enquête. Une telle pratique est interdite par la loi électorale brésilienne. Si elle était avérée, cela constituerait un délit.

Le PT de Fernando Haddad est crédité de 41 % des intentions de vote contre 59 % pour son opposant Jair Bolsonaro.

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