Présidentielle Brésil: Dilma Rousseff largement en tête au premier tour

L'ex-favorite surprise de cette élection, l'écologiste Marina Silva, est éliminée avec seulement 21,29% des voix, selon ces résultats annoncés par le Tribunal supérieur électoral (TSE) portant sur 99% des suffrages. Marina Silva avait remplacé en début de campagne le candidat initial du PSB, Eduardo Campos, décédé dans un accident d'avion le 13 août, ce qui avait déclenché un tsunami dans les sondages. Marina Silva n'a pas révélé dimanche pour qui elle appellerait à voter. "Le peuple brésilien demande plus de progrès et dit qu'il voit dans le projet que je représente la plus légitime et la plus fiable force de changement. C'est une responsabilité que nous, qui défendons ce projet, devons assumer face à l'histoire", a-t-elle dit.

Aecio Neves appelle à "unir les forces"

Le social-démocrate Aecio Neves a appelé dimanche le Parti socialiste de la candidate malheureuse Marina Silva à "unir les forces" pour battre la présidente brésilienne de gauche Dilma Rousseff au second tour de l'élection présidentielle le 26 octobre : "C'est l'heure d'unir nos forces. Ma candidature n'est pas celle d'un parti politique, mais celle d'un ensemble d'alliances au service de tous les Brésiliens qui ont la capacité de s'indigner", a déclaré M. Neves devant ses militants en liesse dans son fief de Belo Horizonte, capitale de l'Etat de Minas.

Aecio Neves a rendu dimanche soir un hommage appuyé au défunt Eduardo Campos. "Je salue ses idéaux, ses rêves. Nous saurons les transformer en réalité", a-t-il dit."Tous ceux qui veulent contribuer à ce projet sont les bienvenus", avait auparavant déclaré M. Neves sur TV Globo.

Dilma Rousseff : "la lutte continue"

La présidente brésilienne de gauche Dilma Rousseff a déclaré à Brasilia : "La lutte continue, une lutte qui sera victorieuse parce que c'est la lutte du peuple brésilien. Cette lutte est la lutte des bâtisseurs de l'avenir qui ne laisseront jamais le Brésil revenir en arrière".

Sous les cris de ses militants "Un, deux, trois, Dilma encore une fois !", l'ancienne guérillera a remercié "le peuple brésilien qui m'a honorée de sa confiance en me donnant la victoire au premier tour. Je me sens comme si j'avais reçu un message comme quoi je dois aller de l'avant dans cette lutte avec chacun d'entre vous, pour changer le Brésil".

Aspiration au changement

Les sondages ont montré que les Brésiliens, qui en 2013 ont manifesté dans les rues contre la corruption et pour de meilleurs services publics, exigent des changements. C'est aussi le message qu'a endossé l'opposition.

Le clown Tiririca réélu député avec un million de voix

Le populaire clown brésilien Tiririca, devenu député fédéral en 2010 à Sao Paulo sous le slogan "ça ne peut pas être pire", a été réélu dimanche, obtenant un million de voix. Ce résultat fait de lui le deuxième député le mieux élu du pays, selon les données du Tribunal supérieur électoral (TSE).

Il y a quatre ans, ce clown, alors analphabète, avait recueilli 1,3 million de voix pour son parti de la République (PR, droite) et avait ainsi été le député le mieux élu du Brésil. Cette fois il a été dépassé par Celso Russomanno, journaliste célèbre et défenseur des droits des consommateurs, candidat pour le Parti républicain brésilien (PRB).

"Vous savez, vous, ce que font les députés? Moi non plus, alors votez pour moi et je vais vérifier", disait Tiririca en campagne, menée avec tenue de clown et perruque colorée. Il avait dû apprendre à écrire son nom pour assumer sa fonction. En quatre ans il n'a jamais pris la parole en séance plénière. Aucun de ses projets n'a été approuvé. Mais il a été l'un des législateurs le plus assidu à la chambre basse.

Pléthore de candidats farfelus

Dans ce pays las de la corruption endémique et des dénonciations de pots de vin juteux à des parlementaires, les candidats farfelus sont légion : ils se présentent sous des noms ridicules comme "la femme yaourt", "l'homme de la moto", "007 brésilien". Ces candidats guignolesques cherchent à se démarquer par une position critique envers un système politique discrédité et morcelé entre 32 partis.

Mais les partis classiques les instrumentalisent parfois, car en raison du mode de scrutin proportionnel, le parti vainqueur des législatives ne peut gouverner qu'en passant des alliances souvent contre nature, en échange de postes, voire d'achats de votes.

Lors du scrutin de dimanche, les Brésiliens pouvaient voter pour cinq "Obama", un "Zizi fou" et un "Ben Laden". Ce dernier, candidat au poste de député de l'Etat d'Amazonas (nord), a été arrêté dans la journée alors qu'il appelait à voter pour lui devant un bureau de vote de Manaus.

Belga

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